Le Billet sarcastique : fracturé de toute part, le Gabon a plus que jamais besoin d’un plan Marshal routier

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour met le doigt dans un problème épineux qui freine le développement de notre pays : l’état du réseau routier. Lecture en dix points.

  1. Je ne sais pas si tout le monde constate avec moi que ce pays est en train de se fissurer de toute part. Jusqu’ici, l’expression a toujours été utilisée au figuré, mais elle l’est maintenant au propre. Nous vivons aujourd’hui dans un pays fracturé.
  2. Pour cause, il ne se passe plus un seul jour sans que les images de routes coupées ne nous parviennent. La route Ntoum/ocobeach est coupée; la route Okondja/ Lekori est coupée; la route Kougouleu/ Medouneu est coupée; la route Bifoun/Ndjolé est coupée; la route de Mimongo/Iboundji est coupée.
  3. Cette liste de routes coupées et/ou fermées n’est pas exhaustive. Mais il en est au contraire ainsi sur tout le territoire national, du nord au sud, de l’est à l’ouest. Des sections de territoires entiers sont aujourd’hui coupés et isolés du monde exterieur. Et cette partition accidentelle du territoire national engendre de terribles effets sur le bien-être des gabonais.
  4. Ces territoires désormais enclavés par ces routes sectionnées, sont autant de zones en grand danger, car leurs populations n’ont plus accès, ni aux biens de consommation courante, ni aux biens d’équipement et ni aux médicaments. Que dire de leurs administrations déconcentrées qui sont isolées de leurs administrations centrales? C’est le chaos! Quel triste spectacle de voir des gabonais de ces localités sur ces routes fractionnées, totalement désemparés et impuissants!
  5. Hommes, femmes, enfants et même les morts qui n’aspirent qu’à un juste et doux repos sur la terre de leurs ancêtres, sont abandonnés sur le bas côté de ces routes par les transporteurs, confrontés à l’impossibilité de poursuivre leur chemin vers leur destination finale. Quand les routes ne sont pas carrément coupées, elles sont impraticables ou fermées pour plusieurs raisons.
  6. Des ponts brisées, des buses bouchées, des rivières en crue, des bourbiers formés, des éboulements de terres… constituent le pénible parcours du combattant auquel sont astreints aujourd’hui les routiers et les voyageurs gabonais de l’hinterland. Il en va de la route comme du chemin de fer, de la mer et des airs. Entre déraillemets de train et bateaux qui coulent, tous ces moyens de circulation sont gravement sinistrés au Gabon.
  7. Si l’on arrive encore à rallier péniblement les capitales provinciales par la route, au prix d’un chemin de Gogotha, il devient quasiment impossible, dans la quasi totalité de nos provinces, de rallier depuis leurs chefs lieux, les autres localités, tant les routes départementales sont dégradées, coupées quand elles ne sont pas simplement mortes et fermées.
  8. L’état central semble avoir abdiqué devant cette situation d’urgence qui nécessiterait pourtant un plan d’urgence. Et la mutité du gouvernement devant tous ces sinistres que subissent nos routes, est la preuve éclatante de son impuissance. Mais au delà, c’est surtout l’échec de modèle de gouvernance qui est patent et qu’il faut revisiter. A condition que le gouvernement fasse preuve d’humilité etde courage.
  9. Parce que l’échec qu’on s’obstine à masquer par la rhétorique, est transversal à tous les domaines. Les glissements de terrain ayant occasionné la mort de compatriotes et les graves inondations qui engloutissent aujourd’hui plus du tiers des villes de Libreville, Port-Gentil et Lambaréné, sont l’effet boomerang de politiques publiques non maìtrisées qui nous questionnent sur l’aménagenent équilibré de notre territoire.
  10. Il faut changer de cap et sortir des incantations, avant que ces phénomènes ne s’amplifient sur l’ensemble du territoire. La solution ne se trouve pas dans la gestion au cas par cas de ces problèmes. Le Gabon a plus que jamais besoin d’un #Plan_Marshall_Routier pour retrouver la continuité de son territoire, seul gage de l’unité de son peuple. Sinon, ce pays va continuer à se fracturer et un pays fracturé est un peuple divisé et une nation fragilisée.

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur

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