Le Billet sarcastique : le pays fout le camp sous nos yeux

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour interroge la capacité du gouvernement à répondre aux défis auxquels est confronté notre pays, parmi lesquels l’enclavement de nos quartiers par les eaux. Lecture en dix points.

1. Ce 27 octobre 2022, Libreville s’est réveillée les pieds dans l’eau. Ce n’est pas une figure de style, c’est une vérité tangible, irréfutable et vérifiable par chaque Librevillois. D’Owendo à Akanda, en passant par les PK, Nzeng-Ayong et les Charbonnages, on a mouillé la culotte.

2. Ce 27 octobre 2022, on aurait dit que plus d’un quart de la superficie de la capitale gabonaise était trempée sous de grandes eaux. C’est autant de travailleurs, d’écoliers, d’étudiants et d’opérateurs économiques… qui n’ont pas pu aller vaquer à leurs occupations pour cause d’inondation. 

3. Ce 27 octobre 2022, l’économie gabonaise à connu une belle décélération par ce débrayage imprévu de la population active, dont personne, pas même le gouvernement, ne peut mesurer l’impact négatif, tant on est encore incapables, en 2022, d’évaluer les effets d’une catastrophe sur la vie de la nation.

Les habitants de la capitale Libreville marchant dans l’eau.

4. Parce qu’on a acquis dans ce pays la formidable capacité de tout expliquer en politique, tout en demeurant dans le même temps incroyablement incapable d’expliquer les plus petits mécanismes économiques. Pour cause, la maîtrise des chiffres et des statistiques pour éclairer la prise de décision, est encore une science inaccessible.

5. Alors, d’années en années, on sophistique un peu plus la parole politique avec des discours toujours plus démagogiques. Mais on ignore et on esquive volontairement le discours économique qui lui, exige de la précision en laissant peu de place à la divagation, une précision dont on aurait bien besoin dans cette ère d’improvisation.

6. Combien de quartiers ont été enclavés ce matin par les eaux qui ne trouvent de passage nulle part que dans le dédale désordonné de nos quartiers ghettoïsés ? Combien d’écoles, de lycées et de collèges ont été engloutis par ces eaux sorties du lit des canaux d’évacuation obstrués par des déchets ?

Libreville dans les eaux après la pluie de la nuit du 27 octobre 2022.

7. Combien de routes ont été fermées à la circulation ce matin car noyées par ces mêmes eaux non canalisées, et qui ne trouvent de passage que sur ces voiries urbaines ? Combien de maisons de gabonais et tout ce qu’elles contiennent, ont été charriées par ces traîtres flots déchaînés au petit matin ?

8. A combien de centaines de milliards s’élèveront les dégâts de ces inondations chroniques ? Et combien de compatriotes en sont les victimes à court, moyen et long terme ? Ça, ce gouvernement ne nous le dira jamais ! Il n’en sait d’ailleurs rien ! Et il se fiche bien de le savoir. Il se contentera comme à son habitude, de petites déclarations politiciennes.

9. Ces inondations devenues chroniques dans la capitale gabonaise à la moindre averse, sont pourtant le vrai visage de l’accélération de la transformation du Gabon. Ils nous l’avaient promise, cette accélération ! Ils ont bien tenu parole. Ils ont en effet accéléré la transformation négative de notre pays. 

10. Au point qu’il ne se passe pas une semaine sans que la réalité qu’on cherche à masquer par des discours creux, se révèle à nous avec fracas. Hier des morts gratuites au PK8, aujourd’hui des sans-abris en abondance. C’est certain, notre pays fout le camp sous nos yeux chaque jour un peu plus et emporte avec lui un peu de notre dignité.

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur 

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