jeudi, mai 30, 2024
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    Le Billet sarcastique : le prix de la rédemption

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    Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour revient sur le niveau d’engagement « intéressé » des militants du PDG et la prise de conscience du président du parti Ali Bongo Ondimba de cet état de fait. Lecture en dix points.

    1. A l’occasion de la célébration en différée du 12 mars, date anniversaire du Parti Démocratique Gabonais (PDG), les camarades se sont réunis hier au gymnase jouxtant l’ancien Stade Omnisports Président Omar Bongo Ondimba. Ils étaient plusieurs milliers à avoir arboré la célèbre tunique « feuilles de manioc au concombre » qui caractérise ce parti depuis 55 ans.

    2. Ils ont battu le rappel des troupes, sans doute pour donner suite aux consignes de leur hiérarchie, qui entendait par une mobilisation monstre, donner du ton et faire passer à l’opposition et surtout à l’opinion nationale et internationale, le message d’un parti plus que jamais en ordre de bataille derrière son champion et bien décidé à aller aux échéances à venir avec l’intention de les remporter.

    3. Il n’en fallait pas plus aux militantes et militants, qui ne ratent jamais une occasion de festoyer, pour se mettre en mode « faire voyance » et se donner en spectacle par tous les moyens possibles. Le méta foisonne depuis hier d’images et de vidéos les unes plus fantasques que les autres, dans lesquelles chaque camarade a voulu démontrer son engagement au parti.

    4. « Un engagement est un engagement », aiment-ils répéter pour renouveler leur attachement au parti, slogan dont ils seraient bien incapables de donner un sens véritablement recevable. Car à quel engagement souscrivent au juste tous ces militants zélés qui se mettent systématiquement en mode « pro dada » à chaque occasion ? Pour la majorité d’entre eux, il n’est pas certain que ce soit un engagement pour le Gabon.

    5. On a davantage l’impression que l’engagement dont ils parlent est le « deal politique » qui veut qu’en échange de leur militantisme, le parti leur garantisse en retour des positions professionnelles confortables. Sinon, l’engagement ne serait plus tout à fait le même. Pour preuve, on a vu faire les fanfarons à cette grand-messe, les mêmes personnes qui critiquent avec nous au quartier la gouvernance catastrophique impulsée par leur parti depuis un moment.

    6. Mais ces camarades n’exprimeront jamais au grand jour leurs bouderies qui reflètent pourtant la mentalité des pédégistes. Et c’est là que réside la faiblesse de ce parti supposément puissant par ses mobilisations populaires mais curieusement défaillant au moment de l’élection présidentielle notamment. 2009 et 2016 ont été en effet une véritable claque pour le Président. C’est d’ailleurs conscient de ce paradoxe pédégiste qu’ABO n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme hier.

    7. En indexant l’excès de confiance dont font preuve ses partisans, il n’a pas fait moins que de les prévenir d’une autre débâcle annoncée si le « show » et le « spectacle » continuent de supplanter le véritable engagement militant qui consiste à apporter des solutions concrètes aux attentes nombreuses des Gabonais. Car, sur ce plan, il est évident que les camarades manquent beaucoup plus de zèle que lors des mobilisations festives. 

    8. Le drame de l’Esther Miracle est venu mettre au grand jour les comportements blâmables des cadres du parti portés aux hautes fonctions d’Etat, qui s’illustrent par des actes répréhensibles pouvant coûter la vie à de nombreux compatriotes. Ces comportements vérifiables partout sont la conséquence de ces nouveaux slogans fabriqués par des militants cupides à l’esprit profondément corrompu dont « un engagement est un engagement » est un parfait exemple.

    9. Bien heureusement, ABO en est plus que jamais conscient. Et c’est précisément pour rompre avec cette mentalité qu’il les a sensibilisés, dans un épanchement intime sur sa maladie qu’on ne lui soupçonnait pas dans l’espace public, à se mettre résolument au service des Gabonais. Comme OBO l’avait fait devant les mêmes militants, ABO n’a pas fait moins que de reconnaître l’échec global de son parti qu’il invite à une profonde remise en cause.

    10. Cette remise en cause doit s’inspirer de sa propre renaissance, après que Dieu lui ait permis de revenir à la vie après son AVC intervenu à Ryad, qu’il a évoqué pour la première fois la larme à l’œil. Considérant qu’il est un miraculé et que le miracle n’aurait de sens que pour donner un nouveau souffle au développement du Gabon, ABO a invité ses partisans à une nouvelle alliance avec le peuple gabonais. Mais les pédégistes sont-ils encore capables du meilleur ? C’est pourtant le prix à payer pour que leur champion mérite sa rédemption. 

    Sarcastiquement vôtre !

    Serge Abslow 

    Chroniqueur 

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