Le Billet sarcastique : toute campagne sanitaire doit être largement expliquée et librement consentie

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour revient sur la campagne de déparasitage menée par le ministère de la Santé, en partenariat avec l’OMS, contre les vers intestinaux et la bilharziose. Lecture en dix points.

1. Ce pays devient de plus en plus stressant et il semble que tout est fait pour amplifier ce stress plutôt que de le diminuer. Et pourtant, c’est la responsabilité d’un gouvernement de tout mettre en œuvre pour ne pas ajouter du stress à une société déjà très anxiogène.

2. On découvre cette semaine qu’une campagne de déparasitage menée par le ministère de la Santé, en partenariat avec l’OMS (Organisation mondiale de la santé), est en cours dans nos écoles publiques en ce moment contre les vers intestinaux et la bilharziose.

3. Ces pathologies sont tributaires des mauvaises conditions d’hygiène. Elles se contractent quand les personnes atteintes contaminent les sources d’eau avec leurs excréments contenant les œufs du parasite, qui vont y éclore. Dans l’organisme, les larves se développent et provoquent toutes sortes de maladies.

4. Si l’idée part d’un bon sentiment, nous en remercions d’ailleurs le gouvernement, elle ne renferme pas moins des zones d’ombres qu’il aurait fallu éclaircir préalablement pour ne pas rendre réfractaire la communauté des parents d’élèves qui a été prise d’émoi en apprenant cela.

5. Dans un monde où circulent avec insistance des thèses complotistes et génocidaires, nul ne peut leur en vouloir de se méfier de ses campagnes sanitaires où l’on administre des substances médicamenteuses aux populations et principalement aux enfants.

6. Il ne suffit pas de brandir le label OMS pour rassurer les gens. Il faut en plus que les substances administrées aient été éprouvées et évaluées par les services sanitaires. D’où viennent-elles, que contiennent-elles, comment sont-elles conservées, quels sont leurs effets à court, moyen et long terme ?

7. Ce n’est qu’après que l’adhésion populaire peut s’obtenir et pas autrement. Surtout pas de la manière qu’on observe, où les communications en lien avec cette opération sont plus internes qu’externes. Les parents d’élèves sont-ils incapables de déparasiter eux-mêmes leurs enfants au point qu’on choisit de le faire faire à leur place ? 

8. Doivent-ils découvrir par la presse, sans en avoir été informés et préparés, que des substances sont administrées à leurs enfants à l’école ? Les écoles sont-elles des lieux de soins ? Qui serait responsable d’éventuels effets secondaires qui pourraient survenir après ces administrations de substances médicamenteuses ?

9. C’est cette infantilisation permanente du peuple et cette propension à nier ses droits fondamentaux qui créent le malaise dans notre pays. L’Etat, tout puissant qu’il puisse être, n’a pas vocation à soumettre ses citoyens à des protocoles sanitaires à grande échelle au prétexte qu’ils relèvent de la santé publique. 

10. La santé publique étant l’affaire de tous, toute initiative visant à lutter contre une pathologie, si elle requiert l’usage de molécules à grande échelle, doit être largement expliquée et librement consentie. Sinon, il demeurera légitime pour les citoyens de se méfier de telles campagnes. Pour ces raisons, mes enfants ne seront pas soumis à ce protocole.

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur

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