Le Billet sarcastique : un test psychologique qui dévoile le niveau de notre conscience individuelle et collective

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour interroge nos goûts sur les réseaux sociaux. Lecture en dix points.

1. Ceux qui me suivent sur la toile depuis suffisamment longtemps, ont certainement vu que j’ai publié hier sur ma story, une photo où j’ai volontairement laissé apparaître mon torse. Parce qu’on y voit un « bout de mon téton », ça a suffit pour ameuter du monde qui est venu inbox me faire la remarque.

2. Je remercie tout ceux qui m’ont joint pour leur bonne intention. C’est la preuve de la haute estime que vous me portez. Mais si je n’ai pas voulu vous dire inbox les motivations réelles de cette photo équivoque, le temps que ce test psychologique aille jusqu’au bout, je voudrais prendre le temps de dire enfin ceci.

3. A longueur de journées, sur tous les réseaux sociaux, les femmes généralement et les Gabonaises en particulier, ne brillent que par le fait qu’elles exhibent leur corps. Elles se montrent alors sous tous les atours et sous tous les angles, souvent de manière suggestive et parfois de manière carrement obscène. Très peu s’illustrent autrement.

4. Nous les hommes, même si on aime au premier abord ces belles formes, on finit toujours par trouver lassant cet exhibitionnisme. Toutes ces chairs révélées à nos regards lubriques, finissent par lasser notre esprit et à plus forte raison notre corps. Exactement comme après avoir consommé la chair, on finit par s’en détourner, repu et quelques fois dégoûté.

5. Instagram, Facebook, Snapchat et le dernier né de ces réseaux sociaux, Tik Tok, est un vrai concours d’obscenité et un salon (inter)national de la nudité. En robettes moulantes, en maillots, en strings, en culottes et en serviettes, quand elles ne sont pas simplement nues, nos sœurs, nos femmes et nos filles saturent les écrans avec leurs formes généreuses et leurs attitudes sulfureuses.

6. Ça n’a pas l’air de les gêner outre mesure. Leur nouveau dada, par exemple, c’est de montrer leur vidéo sur la table de travail de leur artisan tatoueur, où elles exposent ce qu’elles ont de plus intime. Sinon, elles se font masser, non plus sensuellement mais quasiment sexuellement par un jeune masseur hédoniste.

7. Tout ça est normal ! Mais dès qu’un homme laisse transparaître son torse et son téton avec son duvet grisonnant, assis dans son salon, c’est presque le scandale du siècle et tout le monde, hommes et femmes, s’autorise à lui faire la morale. Très bien, mais qu’lle est belle, cette morale à géométrie variable.

8. Nos femmes, nos soeurs, nos filles et parfois nos mères, peuvent dévoiler à la face du monde leurs plus beaux atouts scandaleusement mis en relief par leurs plus légers atours, qu’aucune personne n’y trouve à redire. Les hommes et les femmes  rivalisent au contraire de compliments en qualifiant les avis discordants de jalousie et d’aigrieur.

9. Le plus révoltant dans mon cas, c’est d’observer que jamais mes textes le plus souvent consacrés à la morale et à l’éthique depuis au moins 10 ans via #Le_Billet_Sarcastique, ne suscitent autant de likes, d’émoticônes et de commentaires, inbox et outbox, que cette photo polémique. Seul ce qui est décalé semble retenir l’attention de mes followers.

10. C’est l’occasion de rappeler, à la lumière de ce test psychologique que j’ai volontairement soumis à votre conscience collective et individuelle, combien je mesure la regrettable mentalité de notre génération plus sensible à la luxure qu’à la culture, et que les vraies questions existentielles laissent indifférents comme l’eau sur le plumage d’un canard.

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur 

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