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    Lettre ouverte à Ali Bongo Ondimba : Janis Otsiemi persiste et signe à nouveau

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    Dans une lettre ouverte adressée au président de la République Ali Bongo Ondimba ce vendredi 24 mars 2023, l’écrivain Janis Otsiemi demande à nouveau au Chef de l’État de renoncer à un troisième mandat à la tête  du pays. Pour l’auteur primé au Gabon et à l’international, Ali Bongo n’aura d’autre choix que de céder et ne pas se représenter pour sa succession à la tête du pays. Nous publions intégralement ladite lettre ouverte.

    « Monsieur le Président de la République,

    Depuis plusieurs mois, je me permets de vous écrire des lettres ouvertes par la voie des médias et des réseaux sociaux en vous exhortant de ne pas vous présenter à votre propre succession à l’élection présidentielle qui se tiendra dans quelques mois. Si vous ne vous êtes pas encore officiellement prononcé sur votre candidature, personne ne doute que l’envie de rempiler pour un nouveau mandat vous démange.

    Monsieur le Président de la République,

    Désespérément, je prends à nouveau ma plume pour vous adresser une nouvelle lettre ouverte dans laquelle je vous appelle à nouveau à ne pas vous présenter à la prochaine élection présidentielle.

    Je ne me berce nullement d’illusions car vous ne nous ferez pas cet honneur ou ce cadeau sans un rapport de force. Vous ne concevez les rapports humains que sous ce prisme. On est avec vous ou contre vous. 

    Je conçois aussi que les enjeux dépassent sûrement votre modeste personne car vous êtes le dernier rempart d’une dynastie qui gère les intérêts familiaux, ceux des milieux affairistes et maçonniques dont vous avez hérités à la mort de votre père en juin 2009 au mépris des intérêts généraux du peuple.

    Je conçois aussi que pour n’avoir jamais travaillé dans la fonction publique ou dans le privé que vivant aux mamelles de l’Etat sous les lambris des palais de la République, vous êtes trop attaché aux privilèges de votre fonction, vous percevez votre prochaine retraite politique comme une « mise à mort ». Pourtant, vous disposez d’un butin pour couler des jours heureux !

    Monsieur le Président de la République,

    Nonobstant toutes ces raisons circonstancielles, je vous appelle à ne pas vous présenter à la prochaine élection présidentielle.

    Vous céderez parce que les Gabonais n’attendent plus rien de vous car vous n’avez plus rien à leur proposer. Comment pourraient-ils avoir encore confiance à un président de la République versatile et démagogue ? A l’aube de votre premier mandat, vous proclamiez à cors et à cris que les Gabonais vous jugeront sur vos résultats. A quelques mois de la fin de votre second mandat, les Gabonais ont le regret de constater que votre bilan est négatif ! Vous incarnez à leurs yeux l’archétype même de l’homme politique coupé des réalités : mensonges, promesses non tenues, engagements non tenus, surdité et autisme aux messages, aux cris de détresse du peuple, accaparement de l’état avec son clan, délit d’initiés, justice servile, confusion de l’argent public et du privé… La panoplie est incomplète.

    Vous céderez car pour beaucoup d’entre nous, vous êtes une erreur de casting que nous payons chers aujourd’hui. Avec vous, chaque Gabonais a perdu quatorze ans de sa vie.

    Vous céderez parce que l’espérance que vous nous promettez afin que nous vous confions un nouveau mandat est une ruse perfide au service d’une stratégie de conquête et de conservation du pouvoir.

    Vous céderez parce que tout au long de vos deux mandats, vous n’avez sans cesse modifié la Constitution comme s’il s’agissait d’un quelconque bottin, non pour garantir le fonctionnement des institutions, mais pour renforcer votre contrôle sur les institutions de la République. Conséquence, le Parlement et le Sénat sont devenus des chambres d’enregistrement.

    Vous céderez parce qu’à l’aube de votre premier mandat, vous juriez sur vos grands dieux que vous serez heureux quand les Gabonais le seront. Les Gabonais ne sont pas heureux. Le naufrage du navire Esther Miracle, survenu dans la nuit du 8 au 9 mars 2023, ayant endeuillé plusieurs familles, est aussi le naufrage de votre politique. Votre responsabilité en tant que Chef de l’Etat est engagée ainsi que celle de vos précédents gouvernements. L’affaire semble entendue. Les discours creux de votre nouveau Premier ministre n’y changeront rien.

    Vous céderez parce que depuis votre accident vasculaire cérébral en octobre 2018, vous avez perdu l’usage de votre motricité. Et beaucoup d’entre se demandent si vous avez encore les capacités physiques et morales pour que nous vous accordions un troisième mandant.

    Vous céderez, quoi qu’il en coûte, car à l’heure du bilan, que reste-t-il de vous ? Rien. »

    Janis Otsiémi

    Ecrivain

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