Logements : le président Ali Bongo et ses gouvernements successifs auraient-ils trompé les Gabonais ?

LE COFFRET

La question taraude l’esprit de plusieurs observateurs. Loin de bénéficier d’une réelle ambition en termes de politique d’investissements publics, le secteur de l’habitat est l’un des moins bien lotis en matière d’arbitrage budgétaire. Malgré le manque criard de logements dont souffrent les populations Gabonaises, ce sont à peine 0,5% du budget des investissements qui ont par exemple été alloués entre 2015 et 2017 au secteur du logement tandis qu’une moyenne de 10,2% des dépenses d’investissement a été allouée à la construction de stades. Une tendance loin de refléter l’ambition initiale d’Ali Bongo Ondimba, de doter le pays de 5000 logements par an. 

Le Plan stratégique Gabon Émergent (PSGE) dans son chapitre 4, présentait « la  prospérité partagée ». Un aspect qui décline comment l’émergence va  bénéficier à tous les Gabonais, grâce notamment à « une nouvelle  ambition dans les secteurs sociaux (santé, emploi, logement,  protection sociale, accès aux services sociaux de base, lutte ». Néanmoins, plus de dix ans après et des centaines de milliards de fcfa engloutis, ce PSGE qui devait mettre le pays sur la route de l’émergence, n’aura été qu’un leurre, les populations attendant toujours leurs 5000 logements sociaux par an. 

En effet, alors que les moyens colossaux dont il disposait permettait à l’exécutif d’aller au bout de cette promesse sans pour autant compromettre les autres pans de l’investissement public, rien ou presque n’a été fait en dehors de ce que les populations elles mêmes appellent « les préfabriqués d’Amissa ». Résultat, les Gabonais vivent toujours dans des situations précaires et surtout dans des zones « non ædificandi », comme vient de le rappeler Rose Christiane Ossouka Raponda au sortir d’une audience avec le chef de l’Etat. 

Logés dans des zones non constructibles ou inaptes à l’installation des populations notamment du fait d’un sol qui n’est pas stable ou du fait de pentes glissantes favorisant des éboulements comme ce fut le cas récemment au PK8, et comme l’a d’ailleurs souligné le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Olivier Abel Nang Ekomie, les populations risquent donc leur vie sous le regard hagard d’un gouvernement qui entre 2015 et 2017 n’aura injecté « que 0,5% du budget d’investissement public au secteur du logement » (rapport du PNUD sur l’impact socio-économique de la Covid-19). 

Occupé à distraire les budgets d’investissements qui entre 2015 et 2017 pour ne citer que cette période, « ne reflétaient pas les priorités gouvernementales annoncées », les gouvernements successifs ne se seraient donc que peu soucié des problématiques des populations. Ces mêmes gouvernements qui auront consacré 57% des dépenses totales d’investissement prévues dans le budget au transport (sans grands résultats) et à la gouvernance (y compris les dépenses consacrées à la défense et à l’armée, à la justice et à la décentralisation). 

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