Gabon : le FMI, ce partenaire qui ne s’inquiète jamais de rien et qui ne nous veut pas que du bien 

LE COFFRET

Alors que l’inquiétude grandit concernant l’évolution systématiquement vers la hausse du niveau d’endettement, le gouvernement et son principal partenaire technique et financier, le Fonds Monétaire International (FMI), tendent à minimiser la situation. Jamais inquiets, malgré le fait que le stock de la dette publique vient de franchir la barre des 7000 milliards de fcfa, gouvernement et FMI semblent plus que jamais confiants dans l’avenir. Évoquant même « un renforcement notable de la qualité de la situation financière du pays en lien avec une politique budgétaire relativement prudente ».

Très souvent critiquée pour ses préconisations de politique économique dans les pays en développement dont le Gabon, qui ont aggravé la pauvreté et les dettes des pays aidés en supprimant ou diminuant la capacité d’intervention desdits Etats, Fonds Monétaire International (FMI) semble encourager ce qui s’apparente à un hold-up budgétaire. Témoin privilégié de la hausse vertigineuse du niveau d’endettement au Gabon qui vient de franchir la barre des 7000 milliards de fcfa, l’institution de Bretton Woods, semble se satisfaire de cette situation. 

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En effet, face au Parlement devant lequel il a présenté un rapport relatif à la gestion et aux perspectives économiques, le représentant du FMI au Gabon, Gomez Agou Gbedia a évoqué « un renforcement notable de la qualité de la situation financière du pays en lien avec une politique budgétaire relativement prudente mais surtout aidée avec la hausse du prix du pétrole ». Or, ces prix du pétrole n’ont qu’un impact minime sur nos recettes fiscales du fait d’accords établis il y a plusieurs décennies et qui peinent à être remis en cause par le nouveau code pétrolier en vigueur en République Gabonaise.  

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Concernant donc cette « situation financière qui a connu un renforcement notable », il reste difficile à croire que le pays se porte mieux qu’il y a un an, simplement du fait que « la dette du Gabon soit aujourd’hui autour de 55 % du PIB ». Un fait lié bien plus à la conjoncture économique actuelle avec notamment la hausse des cours du brut et des minerais qui ont renforcé la valeur totale de la production de richesse dans le pays, qu’à la propension du gouvernement à apurer l’ensemble de la dette. Autrement dit, ce ratio dette/PIB établi à 55%, résulte de l’augmentation du PIB et non de la diminution du niveau d’endettement. 

Faites au moment où sont en examen à l’Assemblée nationale la Loi de règlement 2020 et la Loi de Finances 2023 (année électorale où en dépit du faible enjeu, des sommes colossales devraient être injectées), ces déclarations du Représentant du Fonds semblent s’inscrire dans une stratégie d’influence en faveur d’un gouvernement qui peine à répondre aux problématiques de ses populations. Problématique symbolisée par les difficultés à fournir des lotissements de qualité et des infrastructures routières à ces dernières.

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