Présidentielle 2023 : l’opposition à l’épreuve de la sécurisation des votes

LE COFFRET

Avec un scrutin ramené à deux tours, et qui devrait naturellement confronter le camp de l’alternance face au camp de la continuité, et avec une opposition qui n’a jamais accédé au pouvoir suprême en dépit d’une avance supposée dans les urnes, l’opposition gabonaise semble plus confrontée à un problème de sécurisation des résultats des votes que d’unité. 

À la différence de la présidentielle de 2016, qui a connu un rassemblement (au forceps) de l’opposition autour de Jean Ping, le scrutin de 2023 devrait voir une meilleure préparation des partisans de l’alternance. Et pour cause ? Depuis des mois, plusieurs factions de cette opposition ont entamé l’hymne de l’unification, conformément aux souhaits d’une grande partie de la population. 

Dernier exemple de cette convergence des forces, la journée de concertation de l’opposition initiée le 12 décembre par la présidente de l’Union nationale (UN), Paulette Missambo. Un moment de réflexion qui a vu la participation d’une cinquantaine de regroupements, dont les partis politiques REAGIR, présidé par François Ndong Obiang, l’Arena de Richard Moulomba Mombo, l’UPNR de Louis-Gaston Mayila, le PSD de Pierre Claver Maganga Moussavou, le RPM d’Alexandre Barro Chambrier, et bien d’autres. 

C’est dire que l’opposition a le temps et les hommes pour présenter un projet commun le moment venu. Ce qui est moins entre les mains des opposants, c’est la garantie que le résultat des urnes sera celui proclamé.  Pour ce faire, il faut s’assurer un certain nombre de mécanismes allant d’un système électoral fiable, à des scrutateurs intègres et bien formés, en passant par la neutralité des acteurs à la tête d’un certain nombre d’instances en charge des élections telles que le Conseil gabonais des élections (CGE), le ministère de l’Intérieur, ou encore la Cour constitutionnelle, chargée de la validation et de la proclamation. Autant de préalables qui ont fait défaut à l’opposition par le passé, pour les résultats que l’on sait.

Paulette Missambo, Alexandre Barro Chambrier and Co, ont-ils désormais la maîtrise de tous ces écueils ? Rien n’est moins sûr. Ce qui l’est, c’est que le 31 mai dernier, l’opposition a transmis un mémorandum au ministère de l’Intérieur, au sein duquel étaient contenues leurs propositions à l’amélioration du système électoral gabonais, à l’instar de l’introduction du procès-verbal video (PVV) initié par Francky Meba Ondo depuis 2018. Ou encore, le renouvellement des acteurs à la tête d’un certain nombre d’instances en charge des élections. Mais rien, pour l’heure, n’indique que ce document sera pris en compte par les autorités compétentes. Surtout avec la sortie du ministre de l’Energie et des Ressources hydrauliques, Alain-Claude Bilie-By-Nze sur Urban FM, qui déclarait que l’opposition devrait s’adresser au président de la République et non au gouvernement. 

Au regard de l’historique électoral de notre pays, et à moins de compter sur une révolution citoyenne, c’est assurément à ce niveau qu’il faut placer le curseur, pour une alternance à la tête du Gabon. 

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