Eau et Électricité : salaires faramineux, investissements en chute libre, appareils productifs vétustes, le duo SEEG-GPC n’y arrive pas 

LE COFFRET

Alors que la création de Gabon Power Company (GPC) couplée à la réquisition de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) en plus du soutien du ministère des Ressources hydrauliques, laissaient présager une meilleure prise en compte des récriminations des populations en ce qui concerne l’amélioration de la desserte en eau et en électricité sur l’ensemble du territoire, aucune avancée n’a été réalisée. Pis, entre hausse de la masse salariale, baisse des investissements, hausse du prix de l’électricité, les consommateurs se retrouvent aujourd’hui au bout du rouleau. 

Alors que le management bicéphale instauré pour un retour à l’équilibre financier, laissait présager des jours meilleurs pour les secteur eau et électricité au Gabon, dans les faits il n’en a finalement rien été. Trois ans après la réquisition de la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (SEEG) par l’État gabonais et le versement par ce dernier d’un montant de 45 millions d’euros, le stress hydrique ne cesse de s’accentuer face à une demande en eau qui dépasse la quantité disponible. Si l’on y ajoute les délestages dans certaines provinces et autres difficultés en électricité dans le Grand Libreville, l’on se rend bien compte que le couple SEEG-GPC est à la peine. 

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Bien qu’affublée d’une « mission de service public qui consiste à fournir l’eau et l’électricité aux villes et zones périurbaines de toute l’étendue du territoire national », la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) semble de plus en plus loin du compte. Fuite d’eau par-ci malgré la création à coups de millions d’une brigade dédiée, canalisation endommagée par-là, rupture accidentelle d’une conduite d’eau, ou encore intrusion de corps étrangers dans des postes contenant des générateurs, preuve de la vétusté des installations, la société aux mains de l’État gabonais depuis un peu plus de trois ans n’y arrive plus. 

Préférant faire exploser sa masse salariale qui en trois ans a atteint les 47 milliards de fcfa, le directoire actuel représenté à ce jour par Gustave Aimé Mayi comme directeur général et Marcellin Massila Akendengue, comme patron de Gabon Power Company, donne l’impression de ne pas se soucier des problématiques posées par les consommateurs. Asphyxiés par des coûts prohibitifs bien que la SEEG s’en défende, oppressés par une taxe sur les ordures ménagères à 7% (plus de 22 milliards de fcfa générées en trois ans) qui en plus d’augmenter la charge d’électricité ne cesse de réduire la consommation, les consommateurs sont aux abois. 

Si l’on y ajoute les projets hydroélectriques de Ngoulmendjin, Dibwangui et Kinguélé Aval qui peinent à se matérialiser, malgré les assurances de son promoteur Meridiam, difficile d’y voir clair dans un environnement pourtant doté de moyens colossaux, avec notamment un chiffre d’affaires de plus de 240 milliards de fcfa pour la SEEG, capable de soutenir une politique majeure d’investissements. Promettant un mouvement bien plus ample de réformes dans le secteur énergétique local, la réquisition de la SEEG couplée au développement de GPC, avec le soutien du Fonds souverain gabonais, administré par le Fonds gabonais d’investissements stratégiques (FGIS), reste pour l’heure une énigme. 

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