mercredi, février 21, 2024
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    Présidentielle 2023 : s’il est réélu, Ali Bongo nommera un ministre en charge à la fois des recettes et des dépenses de l’Etat, une incongruité 

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    C’est l’idée pour le moins absurde proposée par le candidat Ali Bongo Ondimba dans son programme de société. Pour tenter de limiter les nombreux dérapages budgétaires enregistrés ces dernières années, celui qui a présidé la destinée du Gabon entre 2009 et 2016 entend s’il est réélu au soir du 26 août prochain, nommer un ministre qui aura quasiment les pleins pouvoirs sur pairs. En charge à la fois des recettes et des dépenses, ce ministre qui ferait la pluie et le beau temps dans le gouvernement, devrait selon lui « optimiser l’organisation institutionnelle ». 

    Parmi les 87 promesses faites par Ali Bongo Ondimba dans son nouveau programme de société. On retrouve dans ce qui est appelé « la bataille du leadership », une promesse qui a le don de laisser perplexe à savoir: « l’optimisation de l’organisation institutionnelle en plaçant les recettes et les dépenses sous l’autorité d’un seul ministre ». Incongruité quasi-absolue, quand on sait le degré de malversations auquel nous ont habitué l’équipe qui dirige le pays depuis 2009 et même au-delà, cette idée pour le moins absurde de faire d’un membre du gouvernement à la fois celui qui encaisse et décaisse les fonds, témoigne d’une absence d’idées et d’innovation en matière de gouvernance. 

    En effet, alors qu’il n’a pas été en mesure de « mettre fin aux pratiques de corruption des agents » comme il le promettait en 2016, pratiques qui polluent l’environnement économique et creusent inéluctablement l’écart entre les plus riches et plus pauvres, Ali Bongo Ondimba entend cette fois sortir de son chapeau, un super ministre. Avec dans l’idée de « mettre fin au gaspillage de l’argent public », le candidat du PDG et son équipe, en manque d’idées vraisemblement, veulent donc aller à l’encontre d’une des règles de gestion les plus basiques, à savoir: dissocier encaissements et décaissements pour limiter les risques de fraudes. 

    Dans un pays qui peine déjà à assurer une collecte optimale des recettes fiscales, cette idée qui s’aligne sur la volonté du candidat de « réaligner l’administration pour renforcer l’exemplarité, la redevabilité et l’efficacité », semble d’ores et déjà loin d’être efficace. De plus, si l’on y ajoute la situation actuelle faite d’exonérations accordées aux entreprises installés dans la zone économique spéciale de Nkok, l’opacité qui gouverne la gestion des finances publiques, une telle ambition pour l’exécutif, s’apparente bien plus à se tirer une balle dans le pied. A moins que l’idée soit de concentrer les revenus pour mieux les distraire. 

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