mardi, avril 23, 2024
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    Présidentielle 2025 : l’inopportun appel à la candidature du président de la Transition

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    L’euphorie du 30 août 2023 semble s’étioler au gré de certaines décisions prises par le Comité de transition pour la restauration des institutions (CTRI) et jugées impopulaires par des Gabonais. La sortie à Lambaréné de Gervais Oniane, haut représentant personnel du Chef de l’Etat Brice Clotaire Oligui Nguema, appelant le président de la transition à se présenter à la présidentielle de 2025 achève de convaincre les sceptiques d’un agenda caché.

    Le président d’honneur de l’Union pour la République (UPR) et haut représentant personnel du président de la transition, Gervais Oniane a entamé une campagne nationale pour l’adhésion à son parti. L’étape de Lambaréné a été l’occasion pour l’ancien candidat à la présidentielle de 2023 d’annoncer officiellement son soutien au CTRI. « Président fondateur de l’UPR et haut représentant personnel du président de la Transition, pour l’élection présidentielle de 2025, j’appelle ici, solennellement à la candidature du général Brice Clotaire Oligui Nguema », a déclaré l’ancien conseiller stratégique d’Ali Bongo Ondimba (alors ministre de la Défense).

    Cette annonce a suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion nationale gabonaise, et il est important d’analyser cette situation avec attention. Tout d’abord, il convient de souligner que cet appel à candidature intervient à un moment crucial pour le Gabon. Après au moins 14 ans de gestion chaotique par le régime déchu, le pays a besoin d’une véritable transition pour se relever et restaurer ses institutions.

    Cependant, l’opportunité de cet appel cinq mois à peine après le coup d’Etat soulève des questions légitimes quant aux motivations du pouvoir de la transition. En effet, le Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) a été créé, aux lendemains du coup d’Etat du 30 août 2023, dans le but de garantir une transition pacifique et démocratique au Gabon. Six grands objectifs avaient été définis par le CTRI, notamment la restauration de la stabilité et de la confiance, la réforme institutionnelle et législative, la lutte contre la corruption, le développement durable et économique, l’éducation et la sensibilisation, et enfin le dialogue national et la consultation publique. 

    Au regard des nombreuses polémiques suscitées par certaines mesures impopulaires lors des décisions des conseils des ministres, nombre de Gabonais se demandent si le pouvoir en place prétendument déchu ne chercherait pas simplement à perpétuer sa mainmise sur le pays en s’appuyant sur un président de la transition qui lui serait favorable. Cette suspicion est renforcée par le fait que cet appel à candidature intervient sans consultation préalable des différentes forces politiques et sociales gabonaises.

    Face à cette situation, les Gabonais s’interrogent légitimement sur les intentions réelles du pouvoir en place. Est-ce que la transition sera réellement bénéfique pour le pays ou est-ce simplement une manœuvre politique pour maintenir le statu quo ? Il est essentiel que les Gabonais puissent participer activement à ce processus de transition, afin de garantir une réelle démocratie et une véritable restauration des institutions.

    Or, à l’heure actuelle, aucun objectif du Comité pour la transition et la restauration des institutions n’a été atteint. Comment peut-on déjà penser aux élections ? Telle est l’une des questions essentielles que se posent les Gabonais les plus sceptiques.

    L’appel à candidature du président de la transition Brice Clotaire Oligui Nguema par son haut représentant personnel Gervais Oniane à Lambaréné n’est pas opportun. Il est même indécent quand on sait qu’il est émis par quelqu’un qui est très proche du Chef de l’Etat et qui ne peut parler en son nom sans son autorisation. La restauration des institutions doit être la priorité pour les autorités de la transition.

    Il est primordial que cette transition se fasse de manière transparente et inclusive, en prenant en compte les aspirations et les besoins réels du peuple gabonais. Sinon, le risque pris par les militaires regroupés au sein du CTRI le 30 août 2023 sera perçu comme une ruse du régime déchu qui aura réussi à faire passer un coup d’Etat électoral pour un coup d’Etat militaire. « PDG, Oyé ! » doit être définitivement remplacé par « C’est enfin notre essor vers la félicité ». Seuls nos lecteurs nous obligent !

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