jeudi, mai 30, 2024
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    Télesphore Obame Ngomo : « la forêt gabonaise, un enjeu de taille, pour ici et ailleurs »

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    Le One Forest Summit qui s’est déroulé du 1er au 2 mars dernier à Libreville, a braqué les yeux du monde vers le Gabon pendant ces deux jours. Le président de l’Organisation patronale des médias (Opam), Télesphore Obame Ngomo s’est fendu d’une tribune sur Facebook, dans laquelle il revient sur le rôle qu’a revêtu ce sommet sur l’environnement pour le Gabon. Lecture.

    « Depuis de nombreuses années, le Gabon n’avait plus connu un tel déferlement de hautes autorités venues de l’étranger. L’honneur est revenu au Premier ministre Alain-Claude Bilié-By-Nze d’accueillir au nom du peuple Gabonais et du président de la République ces illustres invités en séjour sur les terres de Léon Mba et d’Omar Bongo Ondimba. 

    L’enjeu de la forêt semble être plus que jamais le poumon qui tend à aider notre pays et le pouvoir en place à faire battre en harmonie son cœur et celui de la planète. On est bien loin du temps où les questions environnementales étaient la chasse gardée des écologistes et autres naturalistes. Ce qui avait amené Jacques Chirac  à dire  » Notre maison brûle et nous, nous regardons ailleurs ». Le Gabon et ses pays hôtes semblent avoir pris conscience de l’importance de toutes les problématiques qui touchent ce secteur. Le One forest summit en est la preuve. 

    Avec ce sommet et ses opportunités, le Gabon ne peut que sortir gagnant et grandi si les acteurs à la manœuvre se montrent à la hauteur des enjeux. De grâce, que chacun reste à sa place. Il s’agit de l’image du Gabon. Aujourd’hui, avec les expertises en matière d’environnement qui existent dans notre pays, il est clair qu’on dispose de tous les arguments pouvant convaincre et séduire ceux qui sont conscients de notre potentiel. L’or vert sera, pendant les décennies à venir, l’enjeu majeur de la planète terre. 

    Loin des enfumages enregistrés, ça et là, et des séances de mystification de nombreux forums organisés dans notre pays, tel que le New York forum for Africa, le One Forest Summit offre véritablement à notre pays la possibilité de se réconcilier avec ses priorités portées par le premier ministre, chef du gouvernement et bien des partenaires stratégiques un peu délaissé, notamment la France d’Emmanuel Macron. 

    Tout en s’affranchissant des caricatures diverses et autres procès en sorcellerie faits au pays de Charles de Gaulle, la France ne peut répondre de toutes les dérives de gouvernance observées au Gabon. En effet, ce n’est pas la France qui demande aux dirigeants du Gabon de ne pas faire les routes, les hôpitaux ou les écoles convenables pour ses populations. Il n’y a qu’à s’inspirer du modèle Blaise Pascal à Libreville pour comprendre que les Gabonais sont les premiers responsables de leurs malheurs. 

    Ce n’est pas la France qui demande à ce que les erreurs de casting soient trop nombreux sous le ciel Gabon. L’imposture de bien d’acteurs dans les sphères de décisions de notre pays n’est pas du fait de la France. La cupidité des acteurs politiques n’est pas le fruit d’une éducation française. À chacun sa part de responsabilité dans les différents manquements de gestion du Gabon. Il est trop facile de vouloir faire porter à la France les incapacités politiques de ceux qui peinent à accéder au fauteuil présidentiel. 

    C’est pourquoi, Emmanuel Macron et sa délégation doivent savoir que l’hospitalité du peuple gabonais n’a pas changé. Au Gabon, ils auront toujours leur place. Les doigts de la main n’ayant pas la même taille, la liberté d’expression se voulant réelle, qu’ils concèdent au nom de ses réalités qu’on ne puisse pas plaire à tout le monde. Bien heureusement, le silence de la majorité est le seul garant de la joie de les accueillir dans notre pays en construction. 

    L’honneur d’accomplir cet exercice fraternel, d’assurer le meilleur trait d’union entre eux et le Gabon revient au chef du gouvernement qui a toujours su vanter les potentialités de notre pays. Autrement dit, dans cette tâche difficile mais noble, il est clair que les atouts oratoires du premier ministre seront encore très attendus afin de permettre au Gabon de tirer le maximum de retombées de cette kermesse environnementale. 

    A la veille d’une élection présidentielle qui s’annonce passionnante, il revient à toutes les parties de chercher à tirer son épingle du jeu. La forêt gabonaise n’a pas de coloration politique. Nul n’en n’a le monopole. Tous les acteurs peuvent alors en faire des sujets prioritaires pour mieux séduire ceux qui y sont fortement attachés. 

    En mettant un accent bien poussé sur les questions liées à l’environnement, Ali Bongo a flairé l’élément qui pourrait le remettre sur scène sur le plan international bien que sur le plan national le bilan observable n’est pas des plus vendeurs pour le moment. 

    Tout compte fait, l’heure est à la séduction des partenaires. À chacun de forger son épaisseur politique en passant par l’environnement. »

    Télesphore Obame Ngomo

    Président de l’OPAM

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