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    Télesphore Obame Ngomo : « Primature, une hostilité assumée »

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    La nomination d’Alain-Claude Bilie-By-Nze à la tête du gouvernement, le 09 janvier 2923, continue de faire couler encre et salive. A son tour, le président de l’Organisation patronale des médias (Opam), Télesphore Obame Ngomo, s’est fendu d’une tribune qui met la lumière sur la position délicate du Premier ministre au sein de l’appareil étatique. Son autorité serait mise à mal, selon le patron de l’Opam qui souligne que Bilie-By-Nze serait « contesté dans son propre camp » (majorité et Parti démocratique gabonais). Lecture.

    Le chef de la majorité présidentielle serait-il contesté dans son propre camp ou ne ferait-il pas l’unanimité ? Telles sont les questions qui taraudent les esprits de nombreux observateurs avisés. 

    Dès sa nomination en qualité de premier ministre, chef du gouvernement, et la reconduction à 98% des membres du gouvernement d’Édith Cresson du Gabon, plusieurs gabonais se sont demandés si les ministres choisis répondaient bien du choix et de la volonté d’Alain-Claude Bilié-By-Nze. 

    Au regard de certains faits, on peut aujourd’hui, et à juste titre, dire non. Nombreux en sont convaincus et ils ont bien raison.

    La première flèche de contestation du premier ministre est venue du parti politique d’un membre du gouvernement, pourtant, dit-on, allié de la majorité superficielle au pouvoir. Comment comprendre que le parti de Michel Menga ait refusé d’accorder son vote de confiance au premier ministre d’un gouvernement dans lequel il siège et rien ne se passe ?

    Sous d’autres cieux, cette question aurait entrainé de facto son départ du gouvernement. C’est bien la preuve que la défiance au premier ministre est assumée et encouragée. Alain Claude Bilié by Nze devra tirer les conséquences politiques d’une telle situation. L’euphorie du poste ne devrait pas entamer à jamais sa crédibilité. 

    Cet épisode enregistré, c’est au tour du ministre de l’intérieur de balayer d’un revers de la main une communication publique du premier ministre quant à l’établissement des pièces d’identité nationale. 

    En effet, le Conseil des ministres a préféré proroger des cartes d’identité nationale devenues obsolètes au lieu de se conformer à l’annonce faite par le premier ministre devant la représentation nationale.

    Deux questions se posent alors : concernant ce sujet des cartes d’identité nationale, soit le chef du gouvernement ne savait pas de quoi il parlait lorsqu’il est venu faire sa déclaration de politique générale. Ce qui est grave car c’est sa crédibilité et son sérieux qui sont remis en cause. Soit c’est désormais de l’intérieur qu’il a été décidé de le faire échouer afin qu’il ne puisse pas brandir de résultats à la fin de son bail à la primature. Comment alors travailler en toute sérénité dans ces conditions où la confiance et la sincérité n’y sont pas ? 

    Enfin, la traduction d’Eloi Nzondo en Conseil de discipline et sa suspension sont encore les preuves que le premier ministre fait face à une hostilité indiscutable. 

    Voulant rehausser la qualité de sa rentrée politique, Eloi Nzondo invita le premier ministre, chef du gouvernement. Ce dernier fit le déplacement. Quelques jours après, l’un des membres du secrétariat exécutif est sanctionné et suspendu par le parti. Cette situation pose la question de la vraie cible visée. 

    Autrement dit, (1) comment peut-on sanctionner quelqu’un qui a bénéficié de la présence du premier ministre à sa rentrée politique ? (2) Où se trouverait la faute commise ?  Dans le choix des invités ou dans le discours tenu ?  

    Selon la lettre de suspension adressée à l’intéressé, les mots choisis durant sa cérémonie auraient déplu au Secrétaire général du parti démocratique gabonais (PDG). Mais en fait, qu’a dit Eloi Nzondo qui ne soit conforme à la vérité ? N’est-il pas marginalisé quand on sait qu’en 2016, ce n’est que dans son fief politique qu’Ali Bongo avait gagné à Libreville lors des dernières élections présidentielles ? 

    Nul ne saurait dire quel fut le réel apport de Rose Christiane Ossouka en 2016 pour qu’à contrario les véritables artisans du maintien d’Ali Bongo au pouvoir soient autant malmenés et méprisés. Ses pseudos promotions sont la consécration même d’une imposture et la formalisation d’une ingratitude assumée. Nous verrons bien ce qui se fera en 2023. Que l’expression nul n’est indispensable s’applique à tous.

    Des mots utilisés ayant justifié la suspension, on ne peut que se demander, pourquoi un « deux poids, deux mesures »?  N’est-ce pas les mêmes mots qu’avait utilisé Jean Pierre Oyiba, élu de Franceville, il y a quelques années ?  N’avait il pas déclaré qu’il subit et qu’il continuait de subir les agissements de certains dans les cercles du pouvoir ?

    N’ayant pas été sanctionné pour ces mots, on doute alors qu’Eloi Nzondo ait été suspendu pour son verbe. Les raisons profondes sont à inscrire dans l’ADN de ceux qui entourent le Président de la République fragilisé par la maladie. 

    Alain Claude Bilié by Nze devra tirer les conséquences politiques de la suspension d’Eloi Nzondo qui l’a invité à sa rentrée politique. Car, dans la tradition téké, il est dit que lorsqu’on insulte ton chien dans le village, c’est toi, son propriétaire, à qui s’adresse en réalité ces injures. 

    Dans le même temps, Hervé Patrick Opiangah mobilisait des milliers de gabonais pour un discours franc et sans complexe. Pourquoi le PDG n’a-t-il pas signé l’acte de divorce entre ces deux partis ? 

    Ce sont de telles manœuvres politiciennes qui prouvent que les actuels tenants du pouvoir ont peur de l’incertitude du temps politique dans lequel nous sommes désormais entrés. Aussi, ils multiplient des imbécilités et des décisions rétrogrades qui pourraient les emporter comme cela avait été le cas pour Blaise Compaoré. Les mêmes causes produisant les mêmes effets. 

    A bon entendeur… 

    Télesphore Obame Ngomo

    Président de l’OPAM

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