Gabon : augmentation de la masse salariale, baisse de l’investissement, coût élevé de l’électricité, rareté de l’eau, la SEEG n’y arrive plus !

LE COFFRET

Difficultés opérationnelles, difficultés en termes de management avec pas moins de cinq directeurs généraux en moins de cinq ans, dérapages budgétaires, outil productif vétuste. Tels sont les nombreux maux qui minent la Société d’énergie et d’eau du Gabon (Seeg). Seule et unique société opérant aussi bien dans le secteur de l’eau que dans celui de l’électricité, l’entreprise dirigée à ce jour et probablement pour quelques mois seulement par Gustave Mayi, ne semble plus capable de répondre aux multiples demandes qu’imposent l’urbanisation. Une situation incompréhensible pour une entreprise qui pèse pourtant plus de 230 milliards de fcfa, selon les données fournies par la direction générale de l’économie et de la politique fiscale (Dgepf).

Marcellin Massila Akendegue, Jean Pierre Lasseni Duboze, Bernard Gervais de Souza, Alain Patrick Kouma et maintenant Gustave Mayi. En à peine quatre  ans, soit depuis le tour de force de l’Etat gabonais ayant conduit à sa réquisition (2018-2019), la Société d’Energie et d’Eau du Gabon (Seeg) a connu pas moins de cinq dirigeants. Signe d’une instabilité certaine et d’une véritable fragilité, ces multiples rotations n’ont jusque-là pas été en mesure d’apporter de quelconques améliorations au niveau de la qualité des services que proposent l’unique société dédiée au secteur de l’énergie. Une qualité de services de moins en moins optimale mais de plus en plus onéreuse pour les entreprises et les particuliers. 

Baisse des investissements et augmentation de la masse salariale

En effet, alors que les consommateurs étaient en droit d’attendre un meilleur traitement après le coup de force de l’Etat gabonais début 2018 contre Véolia, il n’en a rien été. Ainsi, que ce soit en termes d’investissements (en baisse de plus de 50% entre 2019 et 2020, soit de 49 à 23,6 milliards de fcfa), ou d’améliorations continues de la qualité des services notamment de l’eau, rien ou presque n’a été fait. Or, dans le même temps, la masse salariale de l’entreprise a connu une progression constante passant de 35,9 milliards de fcfa en 2018, à 40,7 milliards de fcfa en 2019 pour enfin atteindre 44,1 milliards de fcfa en 2020. Des chiffres qui font de l’entreprise, l’une de celles qui dépensent le plus dans ce domaine loin devant la Société gabonaise de raffinage (Sogara) et ses 10 milliards de fcfa en moyenne sur la même période. 

Coût de l’électricité le plus élevé de la Cemac pour 15% d’accès

Révélatrices des failles et surtout des dérives qui s’opèrent au sein de cette structure créée en 1950 dans le but d’alimenter le pays en eau et en électricité et qui génère plus de 220 milliards de fcfa par ans, ces données financières auxquelles s’accompagnent celles relatives aux coûts de l’électricité qui n’ont cessé d’augmenter au fil des ans, faisant du Gabon le pays dont le prix moyen du kilowattheure (kWh) est le plus élevé en zone Cemac, s’opposent donc aux attentes des populations. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si en 2022, le pays ne dispose que d’un taux d’accès à l’électricité estimé à 15 %. 

Avec des projets lancés puis abandonnés à l’image de la brigade bleue dont le coût d’un peu plus de 600 millions de fcfa soulignait une relative volonté de l’entreprise alors dirigée par Bernard Gervais de Souza, d’en finir avec les fuites d’eau rencontrées ça et là, ou encore le plan d’urgence d’eau et d’électricité à plus de 10 milliards de fcfa lancé par Alain Patrick Kouma, difficile d’imaginer la Seeg améliorer le quotidien des populations. Reste désormais à savoir si le gouvernement songera à la restructurer pour qu’enfin, elle atteigne ses objectifs.

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