Environnement : assigné en justice à Paris pour pollution en RDC, Perenco intouchable au Gabon ?

LE COFFRET

Épinglé par Sherpa et les Amis de la Terre France avec le soutien de l’ONG Environmental Investigation Agency (EIA-US), l’opérateur pétrolier indépendant Perenco devrait faire face à la justice française dans les prochains mois. En cause, des cas de pollutions liées à ses activités pétrolières révélées après des années d’enquête en lien avec la société civile congolaise (RDC) et une première action « avant procès » visant à lever le voile sur l’opacité de l’entreprise. Une situation qui rappelle fortement le cas du Gabon, où plusieurs acteurs de la société civile avaient déjà soulevé le même débat. 

Leader du secteur pétrolier gabonais depuis quelques années, notamment après le rachat pour plus de 200 milliards de fcfa des actifs de Total Gabon (opérateur historique), Perenco dont la production à fin mars 2022 s’est située à plus de 7,8 millions de barils, semble plus que jamais jouir d’une certaine immunité au Gabon. Malgré les nombreuses récriminations d’acteurs de la société civile qui ont démontré les ravages causés par son activité dans ses zones de production, l’opérateur semble plus serein que jamais. 

LIRE AUSSI : Port-Gentil : les centrales de production gabonaises à l’arrêt, Perenco une fois de plus à la potence 

Affirmant il y a quelques années « appliquer les meilleurs standards internationaux afin de limiter l’impact de ses activités sur l’environnement », Perenco dont une fuite de pétrole détectée le 28 avril 2022 dans l’Ogooué-Maritime avait mis en émoi le pays,  que ce soit sur le plan économique ou environnemental, n’est pour l’heure pas inquiété au Gabon, à l’inverse de la République Démocratique du Congo (RDC), où Sherpa et les Amis de la Terre France avec le soutien de l’ONG Environmental Investigation Agency (EIA-US), viennent de l’assigner en justice à Paris. 

Dénonçant notamment des atteintes à l’environnement et aux droits humains dans ses différentes zones de production avec en toile de fond un « torchage illégal du gaz, des passages de conduites vétustes dans les rivières, un mauvais entretien des installations pétrolières occasionnant des rejets fréquents de brut dans la nature« , ou encore une « incinération et un enfouissement de déchets pétroliers sans traitement préalable« , ces ONG à l’image du ROLBG de George Mpaga au Gabon, ont donc obtenu une première victoire face à un opérateur jugé « sans scrupule » par certains. 

Soulevant la question de l’efficacité des mesures liées aux changements climatiques dans un pays qui se présente comme le leader africain en la matière, et qui s’apprête à échanger plus de 90 millions de crédits carbones sur les marchés mondiaux, cette quasi-totale impunité de Perenco pour qui la situation est toujours « sous contrôle », inquiète. D’autant plus qu’elle s’apprête à investir un milliard de dollars dans une usine de liquéfaction de gaz, visant à faire du Gabon le 7ème producteur africain. 

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