Gabon : comme au Mali, Bengone Nsi exige la rupture avec la France

LE COFFRET

Publiant une tribune sur la toile, en rapport au divorce manifeste entre le Mali et la France, l’opposant gabonais Luc Bengone Nsi, patron du Mouvement de redressement national (Morena), a appelé les Africains à « soutenir la cause du Mali », en « s’attaquant notamment aux intérêts français et occidentaux, pour conduire à la déchéance des accords de coopération et du fameux Franc CFA ».

Le débat autour du sentiment anti-français (des autorités politiques et non le peuple) gagne de plus en plus les pays francophones africains. Après le Mali qui a pris son courage à deux mains pour défier la France d’Emmanuel Macron et chasser les militaires de l’opération dite Berkane, au Gabon certains leaders de l’opposition aimeraient emboîter le pas. C’est le cas de Luc Bengone Nsi, président du Mouvement de redressement national qui l’a exprimé sur les réseaux sociaux. 

« (…) Nous devons tous retenir que la France a juré de ne jamais accorder d’indépendance aux pays africains qui constituent sa vache laitière. Il faut partir de ce constat pour comprendre ce qui se passe en Afrique de l’Ouest aujourd’hui. Au Mali, une équipe de jeunes Colonels ayant compris le jeu de la France a pris le pouvoir, et s’est engagée à conférer au peuple malien l’exercice de sa souveraineté en instituant une certaine période de transition devant permettre de rédiger tous les textes de base pouvant conduire à une gestion démocratique du Mali. Face à cette situation, la France et la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) exigent un retour à la situation constitutionnelle. C’est l’occasion de se demander dans lequel de ces pays respecte-on la Constitution ? (…) », a d’abord avancé M. Bengone Nsi.

L’homme, connu pour avoir été en première ligne du combat pour le retour de la démocratie au Gabon dans les années 90, craint que le Mali soit victime d’une conspiration internationale, « par l’envoi d’un commando à Bamako pour justifier l’intervention d’un front militaire internationale  comme cela s’est passé en Libye pour assassiner le Colonel Kadhafi qui envisageait déjà créer une monnaie africaine et un Fonds Monétaire Africain ( FMA)« . 

« Une attaque contre le Mali est une attaque contre l’Afrique entière et son développement. Tous les Africains devront donner une riposte en s’attaquant à tous les intérêts français et occidentaux pour conduire à la déchéance des accords de coopération et du fameux France CFA. Il faut libérer l’ Afrique !« , a tranché l’opposant, fidèle à son franc-parler. 

Si son argumentaire peut être entendu au regard de la montée du sentiment anti-Françafrique, il faut indiquer que sa voix ne trouve pas, pour l’heure en tout cas, d’écho aux oreilles du plus grand nombre au Gabon. Ni même au sein de son parti politique. Le Morena ne s’étant pas  officiellement prononcé sur cette question, même si dans le post Facebook de Luc Bengone Nsi, il termine en signant de son nom, précédé du titre « Le Membre Fondateur Président du MORENA ».

Rappelons par ailleurs que la mouvance anti-française, partagée par une certaine jeunesse à travers les anciennes colonies d’Afrique, avait déjà été reprise dans ses discours par Gérard Ella Nguéma, autre opposant gabonais, lequel avait appelé il y a quelques mois, à démanteler les bases militaires françaises au Gabon du 6ème BIMA, désormais appelés les éléments français au Gabon. 

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