Le Billet sarcastique : le devoir des collaborateurs du président ne consiste pas à l’improvisation mais à l’optimisation

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour brosse un tableau peu reluisant de l’entourage du président de la République. Lecture en dix points.

1. Depuis un moment qui dure déjà longtemps, on constate que l’image de la 1ère institution de notre pays s’est gravement détériorée en termes de perte d’autorité et de prestige, tant les services qui lui sont attachés, brillent par une improvisation permanente dans tout ce qu’ils entreprennent. Le protocole d’État, la communication présidentielle, les renseignements et la sécurité ne donnent pas la pleine mesure de leur efficacité dans le management des affaires présidentielles.

2. Voilà des gens qui disposent pourtant de tous les moyens nécessaires pour donner aux actions du chef de l’État, un cachet particulier et une visibilité certaine, par une parfaite maîtrise des éléments qui entourent chacune de ses actions, qui peinent à le faire. L’épisode des coupés-coupés de Sobraga était déjà un bel exemple de cette improvisation permanente, mais ce qui s’est passé lors du déplacement de Port-Gentil, est un palier supplémentaire franchi en la matière. On a assisté à une vraie bérézina !

3. Ce n’est plus une impression mais une certitude, que les collaborateurs du PR jouent contre leur patron. Cette constance à l’exposer à la critique des Gabonais, devient gênante pour tout le monde, même pour ceux qui souhaitent l’échec et la chute du système, tant elle ressemble à une volonté de le ridiculiser. Qu’on l’aime ou pas, Ali Bongo Ondimba est le Président du Gabon et en tant que tel, il n’a pas à être ainsi présenté, par la faute d’incompétents, sous une façade qui met davantage en lumière les carences de ses collaborateurs que ses réalisations.

4. Parce que le Président de République est allé à POG pour constater et magnifier ses réalisations. Plutôt que celà, ce qu’on retient au terme de ce séjour prématurément écourté à raison, c’est le ridicule et le rocambolesque qui ont recouvert le théâtre de cette opération. Et les images choc qui témoignent de l’absence de maîtrise des évènements par les services associés à l’organisation de cette mission, sont (1) ces officiels trempés jusqu’à l’os par une pluie diluvienne et (2) ces enfants huant à « voix portant », le PR.

5. Posons-nous quelques questions de bon sens. En programmant cette mission, les services ci-dessus cités n’ont-ils pas consulté la météo ? Visiblement non ! Si cette simple précaution avait été prise, on aurait pu éviter au PR de donner l’impression d’humilier ses hôtes qu’il a passés en revue, à l’abri sous son parapluie, tandis que ces derniers se noyaient sous la bourrasque. On aurait pris des dispositions pour que ces officiels soient aussi protégés de la pluie par des parapluies tenus par des militaires, pour des raisons de sécurité. 

6. Par ailleurs, en choisissant l’itinéraire du PR, ces mêmes services ne se sont-ils pas assurés de la qualité des badauds placés en « front office » pour l’occasion ? Visiblement non ! Si cela avait été le cas, on se serait attaché les services de militants ou sympathisants acquis à la cause du Chef, pour lui éviter d’être conspué méthodiquement par ces enfants visiblement enrôlés contre leur gré. En de telles circonstances, on ne réinvente pas la roue, on procède comme partout ailleurs dans le monde. On prévoit.

7. Est-il encore nécessaire de reparler de ces communicants du palais qui s’obstinent à montrer toujours le PR sous son plus mauvais angle ? Les images qui circulent sur la toile sont suffisamment parlantes pour interroger sur leur effet dévastateur sur l’opinion publique et la conscience collective. Est-il même encore nécessaire d’aborder la question des chantiers inaboutis qui auraient dû contribuer à justifier la présence du Chef à POG et à relever son image et rehausser sa côte en berne ?

8. Oui, on a de plus en plus le sentiment que les collaborateurs du patron, jouent contre leur propre camp. Qu’ils le fassent à dessein ou par incompétence, ils contribuent néanmoins à rabaisser la 1ère institution de notre pays aux yeux des Gabonais et à la face du monde. Les collaborateurs du PR, quoiqu’ils fassent et à quelques services qu’ils appartiennent, ne peuvent se permettre de s’inscrire ainsi dans l’improvisation systématique des affaires d’état qui impliquent la participation de leur Chef. C’est inadmissible !

9. L’opinion publique n’aura retenu de ce voyage que la manifestation et l’accomplissement d’un fiasco programmé. Et on ne peut que se demander si ces différents collaborateurs de différents services grassement payés pour vérifier et valider les informations qui  commandent le déplacement de leur Chef, font effectivement leur travail ? Doit-on leur rappeler que le voyage d’un Chef d’État doit être minutieusement préparé, rigoureusement planifié, méthodiquement encadré et positivement objectivé?

10. Quand un voyage du Chef de l’État ne produit que du négatif, il est indubitable que les diligences et vérifications nécessaires n’ont pas été effectuées. Pour quelle raison ? À quel dessein ? Nul ne le sait, mais toujours est-il que le seul perdant de cet amateurisme scintillant, c’est Ali Bongo. Lui seul sera comptable en 2023. À quel saint Ali Bongo doit-il se vouer pour que vous lui témoignez enfin un peu de gratitude ? Il vous a fait confiance, il vous a nommés à ces fonctions, il vous a donné les moyens d’action mais vous n’avez su produire que désolation et déception.

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur

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