Gabon : face à la crise, l’exécutif réduira-t-il enfin les 33,8 milliards de budget dédié aux Autorités autonomes et Institutions ?

LE COFFRET

En dépit d’une amélioration de sa note souveraine par l’agence de notation américaine Fitch Rating, sous fond de hausse des prix du pétrole, l’économie gabonaise demeure en proie à des tares notamment liées à la modération continue des dépenses courantes. Toujours excessives, celles-ci affichent un niveau relativement élevé du fait de dépenses de fonctionnement en constante augmentation. Dépenses parmi lesquelles, les 33,8 milliards de fcfa alloués aux autorités autonomes et autres institutions. 

Si l’augmentation des recettes pétrolières devrait en 2022, compenser la hausse des subventions alimentaires et énergétiques liées à une inflation galopante, elles devraient en revanche avoir beaucoup plus de mal à soutenir l’augmentation inconsidérée des dépenses courantes. Chiffrées à plus de 685 milliards de fcfa pour les seuls salaires et traitements des agents publics, ces dépenses laissent pour l’heure, présager un creusement du déficit budgétaire. 

Alors qu’il s’était engagé auprès des partenaires techniques et financiers, à « parvenir à la maîtrise des risques inhérents aux dépenses courantes en cernant les problématiques qui expliqueraient les distorsions constatées à l’exécution du budget et les risques sous-jacents induits par cet état de fait », l’exécutif est toujours à la peine dans ce domaine. Les 33,8 milliards de fcfa dédiés en 2021, aux autorités autonomes et autres institutions, n’en sont qu’une résultante. 

En effet, dédiés principalement à l’Assemblée nationale (7,6 milliards de fcfa), à la présidence de la république (6,5 milliards de fcfa), au Sénat (6,2 milliards de fcfa), à la cour de cassation (3,7 milliards de fcfa) ou encore à la cour des comptes (2,5 milliards de fcfa), ces 33,8 milliards de fcfa qui représentent pas moins de 5% de la masse salariale de l’Etat, interrogent sur la réelle volonté de l’exécutif de se donner des marges de manoeuvres visant à privilégier l’investissement dont « la faible exécution a un effet négatif sur la croissance », selon le rapport de la DGBFip sur les risques budgétaires.

A l’origine des nombreux retards occasionnés dans la mise en oeuvre des nombreux plans de développement du pays (Plan Stratégique Gabon Emergent, Plan de Relance de l’Économie, Plan d’Accélération de la Transformation, etc.), ces budgets colossaux alloués à des institutions importantes, mais qui ne participent pas de manière direct au développement du pays et limitent l’inclusion financière, freinent logiquement son avancée. Une avancée qui, on le rappelle, ne saurait se faire sans la prise de mesures fortes et vigoureuses visant notamment à réduire le train de vie de l’Etat. 

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