Gabon : La Santé Pharmaceutique au bord du gouffre, faute d’intégration au circuit de distribution locale

LE COFFRET

Alors que son arrivée sur le territoire nationale suscitait énormément d’attentes dans un secteur du commerce des produits pharmaceutiques en pleine évolution, La Santé Pharmaceutique, dont l’usine était inaugurée en grande pompe par le président de la République Ali Bongo Ondimba en novembre 2020, est à la peine. En dépit d’un investissement colossal d’une vingtaine de milliards de fcfa, l’entreprise, bien qu’installée dans la Zone Économique à Régime Spécial de Nkok, éprouve les plus grandes difficultés à intégrer le circuit de distribution locale du fait d’un manque de soutien de la part du gouvernement. 

S’extraire de l’ultra-dépendance des médicaments fabriqués à l’étranger en les substituant par des produits fabriqués localement, le tout dans le but de faciliter l’accès aux médicaments essentiels et à des prix compétitifs aux populations. Telle était l’ambition de La Santé pharmaceutique (LSP) en installant son usine de fabrication de médicaments génériques en plein cœur de la Zone économique spéciale (ZES) de Nkok. Inaugurée en grande pompe par le président de la République Ali Bongo Ondimba au plus fort de la pandémie de covid-19, l’usine n’a pourtant reçu que très peu voire pas du tout le soutien du gouvernement. 

En effet, bien que « contactés par le groupe OLAM et par GSEZ » comme l’expliquait à l’époque Rajeev Lilas, directeur général de LSP dont la maison-mère située en Inde est le premier exportateur de médicaments génériques au monde, LSP peine à intégrer la chaîne de distribution locale de médicaments. Alors même que dans certaines zones notamment de l’intérieur du pays, l’accès aux médicaments demeure extrêmement limité du fait de nombreuses contraintes existantes en termes de logistiques et d’approvisionnement. 

Censé permettre au Gabon d’accélérer sa marche vers l’indépendance pharmaceutique, tout en lui ouvrant les portes de la sous-région en exportant ses médicaments génériques vers d’autres pays africains (l’on évoquait notamment le Congo, le Cameroun, le Sénégal et la Guinée équatoriale), LSP, capable de produire quotidiennement 1 million de comprimés, 150 000 flacons de sirop, 50 000 pommades et 500 000 gélules, est donc progressivement mise sur la touche en dépit d’une offre qui explose comme en témoigne d’ailleurs les chiffres de ce secteur (plus de 60 milliards de fcfa de chiffres d’affaires en 2021). 

Dans un contexte où le pays se cherche des alternatives crédibles pour l’après-pétrole, où l’inflation se généralise touchant l’ensemble des secteurs d’activités, cette négligence affirmée des autorités qui fait le jeu des deux principaux importateurs de produits pharmaceutiques que sont PharmaGabon et Ubipharm, souligne une nouvelle fois le manque de réactivité d’un gouvernement qui en est trop souvent coupable ces dernières années. Gouvernement qui aurait pourtant pu saisir cette occasion, pour faire du Gabon un hub régional, comme le sont à leur niveau le Maroc, le Kenya, la Tunisie, l’Afrique du Sud ou encore l’Egypte. 

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