Gabon : malversations, kidnapping, mafia, à la CNSS, un véritable climat de terreur 

LE COFFRET

Organisme privé chargé de la gestion d’un service public, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) mise sous administration provisoire après ses nombreux déboires, traverse les heures les plus sombres de son histoire. Entre malversations et autres détournements de fonds, jeu de chaises musicales à répétition pour ses dirigeants, kidnapping, intimidations, mafia comme évoqué par le Syndicat des professionnels de la Caisse nationale de sécurité sociale (SYPROSS), plus rien ne semble aller au sein de la Caisse, au grand dam des usagers notamment, mais également des salariés. 

Censée assurer la gestion du régime de sécurité sociale, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) brille de plus en plus par son incapacité à répondre aux nombreuses attentes de ses usagers. Entre investissements mégalo à l’image du nouveau siège social à 21 milliards de fcfa qui ne sera jamais achevé au regard des incohérences de sa mise en oeuvre, instabilité managériale avec pas moins de 7 directeurs généraux en une dizaine d’années, malversations, détournements, incapacité à payer les pensions de retraite et maintenant kidnapping, la Caisse semble à l’agonie.

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Placée sous assistance de l’exécutif le 7 juin dernier suite à une décision prise en conseil des ministres  « dans le cadre de la réforme de la mission  gouvernementale de protection sociale et de la  préservation du bien-être des populations en général  et des assurés sociaux en particulier », la Caisse semble ne plus répondre. Une situation due en grande partie à l’accumulation d’arriérés de paiement de la part d’institutions publiques dont la Mairie de Libreville, la Présidence de la République et bien d’autres. Privée de ressources, dans l’incapacité de développer de nouveaux mécanismes, la Caisse est au bord du gouffre. 

Résumée en une « mafia » par le le président du Syndicat des professionnels de la Caisse nationale de sécurité sociale (SYPROSS) Rochard Ndi Bekoung, le principal syndicat de la CNSS, qui a appelé l’ensemble des salariés à une grande assemblée générale ce mardi visant notamment à dénoncer le climat de terreur qui règne depuis plusieurs mois au sein de l’institution et qui a été matérialisé par le kidnapping d’une auditrice interne, cette situation n’a pas manqué d’interpeller le patronat qui est revenu à la charge concernant une privatisation. 

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Si pour l’heure rien n’est encore acté, cette idée de privatisation qui fait son chemin depuis  Alain Ba Oumar alors président de la Confédération Patronale Gabonaise (CPG) et désormais Henri-Claude Oyima avec la Fédération des entreprises du Gabon (FEG), pourrait finalement apporter un nouveau souffle à une institution au bord du chaos. Administrée pour l’heure par Christophe Eyi, qui a tenté tant bien que mal de rassurer le patronat ces derniers jours « de ce que les retraités seront payés à date échue », la CNSS pourra définitivement passer sous giron privé, ce qui au demeurant, pourrait être un tournant décisif. 

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