Gabon : quel bilan pour le programme d’appui à la diversification financé par la BAD plus de 4 ans après son approbation?

LE COFFRET

Approuvé le 29 juin 2018, après que les deux parties à savoir l’Etat gabonais à travers le ministère de la Promotion des Investissements et des Partenariats Publics-Privés et la Banque africaine de développement (BAD), aient approuvé la note conceptuelle deux ans plus tôt, le Projet d’Appui à la Diversification de l’Économie Gabonaise (PADEG) peine à se concrétiser. Mettant l’accent sur la création des conditions propices à l’amélioration du climat des affaires, ce programme financé à hauteur de 62,74 millions d’euros, soit plus de 41 milliards de fcfa, a du mal à s’implémenter, comme en témoigne la faible qualité du climat des affaires souligné récemment par la Banque mondiale. 

Issu d’un prêt à flexibilité totale d’une maturité allant jusqu’à 25 ans maximum, le Projet d’Appui à la Diversification de l’Économie Gabonaise (PADEG) peine jusque-là à accélérer l’amélioration de la qualité du climat des affaires du pays. Financé en grande partie par la Banque africaine de développement (BAD) qui y a injecté pas moins de 62,74 millions d’euros, soit plus de 41 milliards de fcfa, ce projet n’a toujours pas été en mesure de sortir le pays de sa léthargie en matière de développement d’un secteur privé capable de tirer le pays vers la voie du succès. 

Pourtant appelé à soutenir directement le développement du secteur bois et des mines en raison de leur potentiel élevé en termes d’investissements étrangers, stimuler l’investissement privé, la croissance économique et améliorer les conditions de  vie  des  populations, ce projet grandiloquent à l’ambition assumée peine à se matérialiser à un peu plus de deux ans de la date prévue de son achèvement. Catalyseur, sur le papier, à travers notamment l’amélioration du climat des affaires, la mise en place d’un cadre pour les Partenariats Public-Privé (PPP), le  PADEG  n’a donc jusque-là pas apporté les résultats escomptés.

Si certains observateurs de la sphère économique ne s’attendaient pas à un miracle au moment de sa mise en oeuvre, que ce projet adoubé par la BAD soit à ce point dans l’incapacité de stimuler le développement du climat des affaires malgré un emprunt colossal, interroge sur la capacité du gouvernement à mener à bien des actions en faveur de l’amélioration des conditions de vie des populations. N’ayant eu pour seul résultat que d’augmenter un niveau d’endettement déjà abyssal malgré les assurances des autorités, le PADEG n’a donc jusque-là pas rempli sa mission de fond. 

Preuve de cette inopérance, l’invisibilité de l’Office gabonais des recettes (OGR), censé être la fusion de deux des administrations les plus rentables du pays à savoir les Douanes et les Impôts, qui jusque-là et malgré le soutien des principaux partenaires techniques et financiers, n’a que partiellement vu le jour. Censé durer six (6) ans, ce projet multisectoriel dispose donc d’un bilan pour le moins mitigé au regard du peu de résultats visibles. Résultats loin de répondre aux attentes,  comme vient d’ailleurs de le démontrer la Banque mondiale dans son mémorandum sur l’économie gabonaise. 

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