jeudi, mai 30, 2024
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    « Mode avion » : ce mouvement des consommateurs fera-t-il plier Airtel Gabon et Moov Africa Gabon Télécom ? 

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    Depuis quelques jours, les principales maisons de téléphonie mobile installées au Gabon, en l’occurrence Airtel Gabon et Moov Africa Gabon Telecom, font l’objet d’une campagne de dénonciation de la part des populations qui les accusent de pratiquer des prix exorbitants sur les forfaits internet qu’ils vendent.

    Les prix à la hausse pratiqués par ces maisons de téléphonie mobile ne datent pas d’aujourd’hui. En effet, comparé aux pays de la sous-région et partant de ceux du reste de l’Afrique, le Gabon a toujours été la vache laitière d’Airtel Gabon et de Moov Africa Gabon Telecom, et ça beaucoup l’acceptait tranquillement jusqu’à ce qu’un constat soit fait le week-end dernier et même un peu plus tôt.

    Les Gabonais ont été étonnés de constater que malgré leur coût déjà élevé, les forfaits qu’ils activaient ces derniers jours s’écoulaient un peu plus vite que d’ordinaire. Aussitôt, quelques activistes, influenceurs et même acteurs de la société civile ont investi la toile pour lancer une sorte de prise de conscience collective.

    Dans la foulée, quelques posts d’Armel Ferryse Ndjegou Mickala, un jeune activiste et d’autres leaders d’opinion, ont saturé les réseaux sociaux démontrant combien de fois, les consommateurs gabonais d’internet étaient les dindons de la farce d’Airtel Gabon et Moov Africa Gabon Telecom.

    Avec des calculs très basiques, Armel Ferryse Ndjegou Mickala a fait la démonstration que c’étaient bien au Gabon que ces maisons de téléphonie mobile faisaient la plus belle part de leurs recettes et ce avec une surenchère des mêmes offres internet.

    Puis, un mouvement de protestation dénommé « Mode avion » est timidement né. Dès les premières heures du mouvement de protestation contre la surenchère de l’internet, rien ne présageait la tournure que prennent désormais les choses. Tout avait l’air d’un caprice, mais après le poste sur Facebook du community manager d’Airtel Gabon, tout est parti en vrille.

    Dans son post, ce dernier n’a pas hésité de faire tourner en dérision le mouvement de protestation, ce qui a été perçu par les quelque 160.000 abonnés que compte cette maison de téléphonie mobile comme une insulte. Pour répliquer, ces derniers s’en sont donné à cœur joie. Airtel Gabon a copieusement été critiquée et insultée par ses abonnés après ce post.

    Pour couronner le tout, une autre action forte a été lancée. La page certifiée d’Airtel Gabon a été signalée par les Gabonais et la communauté de de « Badecon en chef empire officiel », un activiste bien connu sur les réseaux sociaux.  Hier mardi 25 avril, quelques heures après l’annonce de ce signalement, la page Facebook certifiée de l’opérateur de téléphonie mobile Airtel Gabon était introuvable, suspendue par Facebook. Elle est réapparu ce mercredi 26 avril dans l’après-midi. 

    Depuis, le gouvernement est également pointé du doigt par les consommateurs. Il est accusé d’être de mèche avec les maisons de téléphonie mobile pour escroquer les consommateurs et de spolier le contribuable gabonais. 

    « Nous devons poursuivre le mouvement de boycottage des coûts internet et autres. La réalité est que cette ESCROQUERIE est entretenue et motivée par le Gouvernement et surtout le Parlement qui adoptent des mesures visant à spolier le contribuable« , a exhorté Geoffroy Foumboula Libeka Makosso, un acteur de la société civile gabonaise.

    Ce dernier a expliqué que « l’État du Gabon, champion des détournements se retrouvant aujourd’hui financièrement limité pour répondre aux besoins du peuple et non à leurs propres besoins va décider de jouer sur les services les plus consommés par tous (internet, eau, électricité, carburant, etc.)« .

    Pour se faire, « l’État va obliger les entreprises intervenant dans ces secteurs à rajouter des taxes pour le compte de l’État dans leurs différents services et à reverser les revenus au trésor de l’État et surtout dans ces CAS (Compte d’affectation spéciale) qui échappent à tout contrôle ; Ainsi, même si l’État après validation du Parlement décide de rajouter 1 000 taxes, les entreprises vont rajouter car la loi va s’imposer à ces entreprises et au consommateur qui en paye les frais« , va poursuivre le membre du Copil citoyen.

    Pour le moment, l’heure est à la mobilisation du côté des consommateurs d’internet. Plusieurs actions comme le mode avion généralisé sont en perspective. 

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