mercredi, juillet 24, 2024
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    Dialogue national inclusif : un “Coup de libération” pour tout déclencher 

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    Ferdinand DEMBA
    Ferdinand DEMBAhttp://www.insidenews241.com
    Passionné de lettres et désormais de chiffres, FD est le directeur de publication d’Inside News241. Journaliste de métier et de convictions, lui et son équipe sont au service d’une information objective, d’utilité publique et au service de la vérité.

    Le 30 août 2023, un événement marquant s’est produit au Gabon, annonçant une rupture profonde dans le paysage politique de la nation : un coup d’État orchestré par un groupe de militaires haut gradés regroupés au sein du Comité pour la transition et la restauration des Institutions (CTRI).

    Cette action a mis brusquement fin à des décennies de gouvernance sous la dynastie Bongo, une famille qui a tenu les rênes du pouvoir depuis la prise de fonction d’Omar Bongo en 1967, suivi par son fils Ali Bongo Ondimba en 2009. Cette longévité au pouvoir, rarement interrompue, a suscité une frustration et une aspiration au changement parmi la population gabonaise, menant finalement à l’événement révolutionnaire de 2023. 

    Ce coup d’État a été rapidement qualifié de « Coup de Libération » par ses auteurs militaires, conduits par le général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguéma. Une appellation qui a trouvé écho auprès d’une large partie de la population gabonaise. Plusieurs facteurs expliquent cette perception unanime d’un acte de libération plutôt que d’une prise de pouvoir violente.

    Tout d’abord, le contexte économique et social du Gabon, malgré ses riches ressources pétrolières et naturelles, a été marqué par de grandes inégalités et un manque d’investissements significatifs dans les services publics essentiels pour la majorité de la population. Le bilan catastrophique du Parti démocratique gabonais au pouvoir, le taux de chômage alarmant et des infrastructures routières désuètes en sont des preuves palpables. La gestion des ressources du pays a souvent été critiquée pour son opacité et sa centralisation autour de la famille au pouvoir et de ses proches, suscitant des allégations de corruption et de détournement de fonds.

    De plus, le climat politique avant le coup d’État était de plus en plus tendu, avec des restrictions sur les libertés démocratiques, la domination de la « Légion étrangère« , la liberté d’expression, et le droit de manifestation. Les élections étaient régulièrement entachées d’allégations de fraude et de manipulation, ce qui a contribué à une érosion progressive de la confiance dans le processus démocratique du pays.

    De nombreux leaders politiques de l’opposition ont tenté d’arrêter cette machine à fraude depuis des décennies, en vain. Paul Mba Abessolo en 1993, Pierre Mamboundou en 1998 et 2005, André Mba Obame en 2009, Jean Ping en 2016 et le professeur Albert Ondo Ossa en 2023, ont tous été déclaré perdants alors que les résultats des urnes les donnaient largement vainqueurs en se basant sur les procès-verbaux des candidats. Des victoires du PDG entachées par des contestations populaires dans la rue réprimées par la violence entraînant la mort de plusieurs compatriotes.

    La qualification du coup d’État de « Coup de Libération » reflète donc un sentiment de soulagement et d’espoir parmi les Gabonais pour un nouveau départ. Beaucoup y ont vu l’opportunité de réinitialiser l’horloge politique, de reconstruire sur des fondements plus équitables et transparents, et enfin de réaliser les aspirations démocratiques du pays. La réaction généralement positive envers le coup d’État, tant au niveau national qu’international, souligne l’appétit pour le changement au Gabon, alimenté par les années de gouvernance jugée inéquitable et la promesse d’un avenir plus prometteur.

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