Gabon : malgré ses 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires, Eramet-Comilog peine à assurer la réhabilitation du chemin de fer 

LE COFFRET

Premier producteur mondial de minerai de manganèse, grâce notamment à sa mine à ciel ouvert de Moanda dans le Haut-Ogooué, l’industriel français Eramet via sa filiale gabonaise Comilog (Compagnie minière de l’Ogooué), est également gestionnaire principal du chemin de fer gabonais. Long de près de 700 km et opéré par la Société d’exploitation du transgabonais (Setrag), cette voie ferrée construite en 1978, est aujourd’hui vétuste et accidentogène, comme en témoignent les nombreux déraillements observés ces dernières années. Si pour l’heure aucune catastrophe humaine n’a été enregistrée, difficile de comprendre le manque de réactivité d’Eramet dans sa réhabilitation, alors même que la production de minerais atteint des sommets ces dernières années avec un chiffre d’affaires ayant franchi la barre du milliard de dollars. 

« Ce samedi 24 décembre aux environs de 01h30, un glissement de terrain consécutif à de fortes pluies a entraîné l’arrachement d’une portion de voie de 500 mètres et la destruction d’un pont au point kilométrique 333, entre les gares d’Offoué et de Boué ». Tels étaient les précisions de la Société d’Exploitation du Transgabonais (SETRAG), unique opérateur de transport ferroviaire exploitant le réseau de chemin de fer gabonais. Filiale du géant français Eramet, propriétaire de la Compagnie Minière de l’Ogooué (Comilog), leader mondiale en matière de production de minerai de manganèse à haute teneur, SETRAG et sa maison mère peinent pourtant à investir dans un outil de production devenu à la fois vétuste et accidentogène. 

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En effet, incident loin d’être isolé, ce nouveau déraillement interroge sur l’absence de volonté du géant français d’investir dans la réhabilitation d’un chemin de fer qui pourtant, est l’unique courroie de transmission entre sa production qui n’a cessé d’augmenter ces dernières années comme le soulignent les données de la Dgepf (6,8 millions de tonnes en 2019, 8,4 millions de tonnes en 2020 et 9,5 millions de tonnes en 2021), et ses exportations (plus de 9 millions de tonnes en 2021, en hausse de 11,7% en glissement annuel). Affichant pourtant un chiffre d’affaires moyen de près de 700 milliards de fcfa au cours des trois dernières années, le duo Eramet-Comilog peine à investir dans ce qui est sans aucun doute, son principal outil d’exportation. 

LIRE AUSSI : Setrag : plus de 500 milliards de CA pour seulement 30% du chemin de fer réhabilités en six ans

En surproduction entraînant une surexploitation du chemin de fer, Comilog pourtant très active en matière de RSE (Responsabilité sociétale des entreprises), se refuse donc d’améliorer les conditions d’exploitation du minerai qui a fait d’elle le leader mondial dans ce domaine. Transportant également d’autres ressources telles que le bois (plus de 500 000 tonnes en 2021) en plus des 330 000 passagers en moyenne par an, Eramet via sa filiale Setrag qui a généré près de 94 milliards de fcfa de chiffres d’affaires en 2021, peine donc à mettre en oeuvre son programme de modernisation et de sécurisation du chemin de fer. Toute chose qui pourrait à terme, entraîner une catastrophe humaine comme ce fut le cas il y a quelques années chez les voisins Camerounais. 

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