mardi, juillet 16, 2024
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    Gabon : rachat d’Assala, l’impossible transaction

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    Dans les tuyaux depuis le mois de novembre et confirmée par le général Brice Clotaire Oligui Nguema le 31 décembre 2023, le rachat d’Assala par l’Etat gabonais au nez et à la barbe de Maurel & Prom via l’activation de son droit de préemption, fait couler encre et salive aussi bien au niveau national qu’international. Il faut dire qu’entre la délicate mobilisation des ressources nécessaires à cette opération et le contexte politique particulier, cette opération est loin d’être réalisée. 

    « Dans l’optique d’augmenter nos recettes, nous avons décidé de faire valoir les droits de préemption de l’Etat pour le rachat de la société pétrolière Assala. C’est un acte de grande portée nationale qui permettra à la République de marquer sa souveraineté dans le secteur pétrolier, poumon de notre économie ». Le 31 décembre au soir d’une année 2023 marquée par de grands changements, le nouvel homme fort du pays annonçait ce qui semblait être une opération éclaire, le rachat du deuxième opérateur du pays. 

    Seulement, plus d’un mois après cette annonce forte, on est loin d’avoir conclu ce deal. Pis, il semble de plus en plus compromis au regard du montant colossal à débourser pour finaliser l’opération. On parle ainsi sur les marchés financiers de 730 millions de dollars de capitaux propres et 600 millions de dollars d’emprunts pour un total de 1,3 milliard de dollars soit près de 800 milliards de fcfa. 800 milliards auxquels il faudra ajouter, en cas de rachat, plusieurs dizaines de milliards en investissements. 

    Avec tout cela en perspectives, dans un pays qui peine à ajuster durablement les prix des carburants à la pompe et qui peine surtout à faire de sa société nationale (Gabon Oil Company), le leader du secteur pétrolier depuis un peu plus de 10 ans, ce rachat d’Assala apparaît pour certains analystes comme NJ Ayuk, président de la Chambre africaine de l’énergie, comme une lubie. Ce dernier soulignant que « les engagements financiers nécessaires ne sont pas disponibles (…) et que la préemption ne devrait pas être utilisée inutilement au nom du nationalisme des ressources ».

    Renforcée par plusieurs investisseurs qui y voient une opération similaire à celle du Tchad en 2014, qui dans le même élan avait quasiment tout misé sur le rachat pour 1,4 milliard de dollars de Chevron avant de se casser la figure et de se retrouver sous le coup d’une dette colossale auprès de Glencore, ce caprice du nouvel exécutif qui dans le même temps souhaite mettre en oeuvre un Plan à près de 4600 milliards de fcfa, est donc scrutée au jour le jour, d’autant que le temps lui est compté pour boucler ce deal (deadline annoncée pour fin février).

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