mercredi, février 21, 2024
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    Gabon : un coup d’Etat militaire qui fait déjouer un nouveau coup d’Etat électoral

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    Après 56 ans de ce qu’on pourrait aisément qualifier de dictature avec le règne sans partage de la famille Bongo et le Parti démocratique gabonais (PDG), les Gabonais ont assisté aux premières lueurs de ce mardi 30 août 2023, à un coup d’Etat militaire. Deuxième du nom après celui avorté de 1964, ce coup d’Etat à l’initiative de l’ensemble des forces de défense et de sécurité, qui s’est jusque-là déroulé sans effusion de sang, a mis un terme à une série de coups d’Etat électoraux orchestrés par une dynastie qui tenait le pays d’une main de fer. 

    Crise sociale, crise économique, népotisme, despotisme. Les raisons ayant conduit les forces de défense et de sécurité à prendre leurs responsabilités en renversant l’ordre établi ce mardi 30 août 2023, sont nombreuses. Outre les premières causes citées plus haut, de nombreux facteurs économiques et financiers notamment des détournements massifs et une redistribution de richesses orientée vers le régime et ses oligarques, peuvent également expliquer cette prise de pouvoir inédite. Une prise de pouvoir unique en son genre sur le continent, tant elle paraît consensuelle. 

    En effet, outre la toute puissante Garde Républicaine (GR) dont le sulfureux Général en chef Brice Clotaire Oligui Nguema a pris les rênes de la transition, ce coup d’Etat a été mené par la Police, la Gendarmerie, l’Armée de terre… pour ne citer que ceux-là. Une cohésion nécessaire pour mettre fin « à une gouvernance irresponsable, imprévisible, qui se traduit par une dégradation continue de la cohésion sociale risquant de conduire le pays au chaos », mais surtout qui s’imposait aux yeux du peuple comme en témoigne les scènes de liesse visibles dans tout le pays. 

    Prédit par l’opposition, notamment son leader et candidat au dernier scrutin présidentiel, Albert Ondo Ossa qui laissait entendre à l’opinion que « la garde présidentielle n’était plus avec le pouvoir », ce coup d’Etat qui met donc vraisemblablement un terme au règne sans partage des Bongo à la tête du pays, a donc dans le même temps mis fin à des années de coups d’Etat électoraux, dont le dernier en date donnait Ali Bongo Ondimba vainqueur de la présidentielle à plus de 64%. Reste désormais à savoir quelle ligne directrice donnera le CTRI à cette transition. 

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