jeudi, février 22, 2024
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    Transition au Gabon : « le CTRI  promulgue la charte de la transition sans qu’elle n’ait été adoptée par les forces vives de la nation »

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    Après que leur courage patriotique et légendaire ait été salué par les populations, en renversant le 30 août 2023, le système dictatorial et mortifère mis en place par la famille Bongo depuis 1967, le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), dirigé par le Général de Brigade, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, commencerait-il à poser des actes qui sont aux antipodes de l’état de droit, dont il a promis mettre en place, afin que le Gabon recouvre sa considération d’antan sur le plan international ?

    La charte de la transition, rédigée me semble-t-il sous l’effet de la précipitation,  au regard de certaines incongruités et vacuités criardes observées, et par la suite publiée le 4 septembre 2023 au Journal Officiel, afin de produire des effets de droits, ne constitue malheureusement pas un instrument juridique valable, sur lequel le CTRI pourrait se fonder pour justifier la légalité de ses décisions.  

    En effet, la charte de la transition présentée au publique contient une disposition importante inobservée par le CTRI, qui permet de remettre en cause la validité de la charte ainsi que l’ensemble des résolutions prises sur la base de celle-ci, en partant de l’investiture du Président de la Transition et les différentes nominations faites par ce dernier après sa prestation de serment. Il s’agit précisément de l’article 60 de la charte de la transition. Celui-ci dispose, en effet, que : « la présente charte entre en vigueur dès son adoption par les forces vives de la nation ». Cette disposition, qui constitue une condition sine qua non à la validité de la charte de transition, n’a pas été observée, puisque les forces vives de la nation n’ont jamais été invitées par les membres du CTRI à se prononcer sur le contenu de la charte avant sa promulgation. Ce qui entrainerait, du point de vue juridique,  l’annulation de ladite charte avec effets rétroactifs. 

    Cette transgression légale ne peut passer sous silence des observateurs de la vie politique de notre pays qui scrutent régulièrement les actes posés par les militaires issus du CTRI depuis leur prise de pouvoir. Fermer les yeux devant cette flagrance constitue un frein à la construction d’un état de droit. Par conséquent, le Président de la Transition se doit de rectifier rapidement le tir, en procédant à l’annulation de ladite charte aux fins d’élaborer une nouvelle avec les forces vives de la nation. S’opposer à cette action fera naître toute sorte de supputations ayant manifestement pour objectif la remise en cause de la transition. 

    D’ailleurs, cette violation flagrante donne déjà l’impression que les membres du CTRI n’entendent pas créer un état de droit, mais songerait à consolider les actes funestes  du système politique Bongo, dont la population continue à subir ses effets nonobstant le changement de régime actuel. Pour preuve, de nombreuses réactions des compatriotes sur les réseaux sociaux et dans les discussions en dehors de ces plateformes se font de plus en plus virulentes.

    Quoique l’on dise, ce mauvais départ du CTRI déteint assurément sur son image auprès de la population qui commence à déchanter et à voir que son essor vers la félicité ne pourrait ne pas venir des putschistes, mais de leur véritable engagement à se battre, au péril de leur vie, afin de se défaire définitivement des chaînes de l’immobilisme engendrées volontairement par la famille Bongo pour demeurer ad vitam aeternam au pouvoir. Le président de la Transition, le Général Brice Clotaire Oligui Nguema entra-t-il à nouveau le peuple gabonais ?

     N.E.L.

    Juriste et citoyen gabonais

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