lundi, juillet 22, 2024
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    Gabon : surfacturations, chantiers bâclés, irrégularités en tous genres, les premières conclusions de la taskforce sur la dette intérieure

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    Passé de 244,2 milliards de fcfa en 2013, à plus de 2607,8 milliards de fcfa en 2022, l’encours de la dette intérieure est en moins de dix ans, devenu un véritable goulot d’étranglement pour les finances publiques. Multiplié quasiment par 12 en à peine une décennie, cet encours de la dette intérieure a subi de plein fouet les ravages des nombreux dérapages que ce soit en termes de surfacturations ou de dépassements budgétaires volontaires, le tout pour des chantiers bâclés comme le révèle le rapport des 60 jours de la taskforce sur la dette intérieure. 

    Réactivée dans l’optique de vérifier les dettes intérieures et extérieures dûes par l’Etat auprès des entreprises et autres prestataires de services, la task force sur la dette intérieure dirigée par Pierre Duro vient de livrer ses premiers éléments. Au terme des 60 premiers jours qui ont permis de réaliser les premières opérations d’audit, de contrôles, de vérifications et de suivi des marchés et des projets, le bureau a décelé un certain nombre d’infractions allant de surfacturations à dépassements budgétaires. 

    Chiffrés à plusieurs centaines de milliards de fcfa pour des travaux réalisés à minima, à l’exemple de l’entreprise SOWAF en charge de l’achèvement de la construction du Lycée technique de Gamba pour un montant de 5,8 milliards de fcfa n’a pas tenu ses engagements, ces dérapages ont conduit la taskforce à saisir le bureau du procureur de la République. Cette même entreprise qui avait déjà été coupable de malversations après la signature en 2013 avec le Conseil départemental de Ndogou, d’un contrat de plus de 6 milliards de fcfa pour un projet dont le niveau d’avancement est à ce jour de 15%. 

    Autre exemple parlant dans le cadre de ces malversations, le Plan complet de relogement (PCR) des personnes affectées par le projet d’aménagement des bassins versants de Gué-Gué. Financé par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) à hauteur de 40 milliards de fcfa (que l’Etat gabonais est tenu de rembourser), ce projet réalisé par SOBEA, contrôlé par l’UCET et axé sur la construction de plus de 1000 logements à Bikélé Nzong, souffre de nombreuses irrégularités puisque seulement 250 logements y sont en cours de construction près de 10 ans après le début du chantier. 

    Entre surfacturations à hauteur de plus de 6 milliards de fcfa et prestations non réalisées, ce projet symbolise à lui tout seul, les dérives enregistrées dans le cadre de ces nombreux projets, qui ont largement contribué a multiplié par 12 l’encours de la dette intérieure. Une dette passée en à peine une décénie, de 244,2 milliards de fcfa en 2013, à plus de 2607,8 milliards de fcfa en 2022. 

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