Le Billet sarcastique : quels sont ces salaires faramineux qui financent ces trains de vie dispendieux ?

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour interroge implicitement la gestion opaque des deniers publics. Notre chroniqueur se demande d’où proviennent les fonds qui servent à assurer le train de vie royal de plusieurs hauts fonctionnaires gabonais. Lecture en dix points.

  1. Il y a de longues années que je me demande quel peut-être le plus haut salaire de la fonction publique gabonaise ? Il paraît que cette fonction publique est encadrée par un texte nommé « statut général des fonctionnaires » qui est complété par des « statuts particuliers » pour certains corps de métiers, qui leur assurent des avantages spécifiques.
  2. Mais tout de même, quel est le plus haut salaire que paie l’Etat à un fonctionnaire ? Dix, quinze, vingt, trente, quarante ou cinquante millions ? Se trouve-t-il dans ce pays où non un fonctionnaire qui gagne mensuellement ce salaire ? Selon mes sources, il n’y a aucun salaire de cette nature.
  3. Entendons-nous bien, ma préoccupation ne concerne pas les sociétés parapubliques où des fonctionnaires sont nommés pour les diriger. Je parle exclusivement des fonctionnaires exerçant dans l’administration centrale. Quelle est la fonction qui assure le meilleur niveau de salaire dans cette administration ?
  4. La question n’est pas fortuite car, ce qu’on observe dans nos quartiers dépasse l’entendement. Le train de vie qu’affichent les hauts fonctionnaires gabonais au quotidien est étonnant. Je me demande combien gagnent donc ces gens pour vivre une si belle vie ? Leurs salaires sont-ils réellement ceux qu’on sait où disposent-ils de revenus supplémentaires?
  5. Il suffit de regarder leurs biens immobiliers, leurs belles voitures de luxe, leurs costumes de grands couturiers, leurs bijoux de joaillers, leurs maroquineries de marque, leurs voyages de rêve, leurs fêtes et leurs loisirs hors de prix… pour imaginer leur surface financière. On est obligés de constater que leur seul salaire ne suffit pas à financer tout ça.
  6. Mais alors, d’où vient tout cet argent exposé sans pudeur à la face du monde ? Certains seraient vite tentés de fournir des arguments justificatifs, dont celui ciurant qui consiste à dire que de très nombreux fonctionnaires touchent des primes qui viennent gonfler leurs revenus et peuvent justifier leur train de vie.
  7. Sauf que cet argument se heurte à un principe administratif qui relève du simple bon sens. Ces primes qui financeraient ce train de vie princier, ne sont-elles pas encadrées? Si oui, peuvent-elles étre dix, vingt ou trente fois supérieure aux salaires correspondant aux fonctions qui les justifient?
  8. Quand bien même ce serait possible, est-ce juste à l’égard des autres fonctionnaires qui n’en ont pas? L’argument de l’aigreur sera sans doute repris par ceux qui n’ont jamais d’arguments convaincants à verser à ce débat. Mais il demeurera constant dans un petit coin du cerveau, que ces fonctionnaires milliardaires ou multimillionnaires volent l’état et l’état le sait et s’en accommode.
  9. Et c’est là précisément que réside le mal gabonais. Un état qui laisse croire à sa population que l’enrichissement rapide, sans justification et sans bornes, est normal dans son administration centrale, est un état qui fabrique les germes de sa propre destruction. Car, chaque fonctionnaire, ancien ou nouveau, aura à cœur de couper sa part de gâteau.
  10. Un jeune Dircab inconnu au bataillon, peut-il devenir en 2 ans un magnat de l’immobilier ? Un pays qui fabrique de tels modèles de réussite sociale sans aucune justification cohérente de cette réussite, peut-il valablement espérer produire un cadre vertueux dans la gouvernance publique ? Bien sûr que non ! Un tel pays demeurera prisonnier de son cercle vicieux !

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur

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