Le Billet sarcastique : si j’étais milliardaire et brillant manager comme certains

LE COFFRET

Dans un billet quasi-quotidien, Serge Abslow analyse avec beaucoup de sarcasme les faits de société et les évènements qui chamboulent la vie du Gabonais dans son pays. Le billet du jour est un conseil avisé aux milliardaires gabonais en francs cfa, estampillés grands managers devant l’éternel et friands de petits business qui produisent du cash tout de suite. Lecture en dix points.

1. Si j’étais milliardaire et brillant manager comme certains, ce n’est pas une boîte de nuit ou un restaurant que j’ouvrirais. Ce sont des business modèles fondés sur la satisfaction d’un besoin de distraction qui sont déjà éprouvés et qui ne font appel à aucun génie pas plus qu’ils ne reflètent aucune originalité.

2. J’investirais dans une industrie agroalimentaire, qui résoudrait un problème de proximité, mais le manioc pousse partout au Gabon. Pourquoi ne pas produire dans un projet  intégré, production, transformation et commercialisation, la farine de manioc pour la substituer à celle de blé ?

3. Si le marché national paraît étroit pour un tel produit, il peut trouver un élargissement dans la sous-région où il existe un besoin en la matière. Aller à l’abordage de nouveaux marchés avec un produit innovant, voilà un projet qui serait un excellent challenge pour un milliardaire qui revendique d’être un homme d’affaires. 

4. Si j’étais milliardaire et brillant manager comme certains, j’investirais pourquoi pas dans les énergies renouvelables, pour capter la part de marché issue de la population gabonaise mécontente des services fournis par la SEEG. En eau et en électricité, il y a assurément matière à faire dans ce pays qui regorge dans ces deux domaines d’un potentiel inépuisable.

5. Si j’étais milliardaire et brillant manager comme certains, je m’intéresserais de très près au secteur des NTIC pour fournir des services spécialisés à cette population gabonaise parmi les plus connectées d’Afrique. J’essaierai en tout cas, de créer un électrochoc en baissant le coût des services prohibitifs auxquels nous soumettent le monopole des 2 opérateurs qui y dictent leur loi.

6. Si j’étais milliardaire et brillant manager comme certains, j’investirais mon argent dans l’or vert, cette agriculture encore marginale qui force mon pays à importer prés de 500 milliards de denrées alimentaires chaque année. Je donnerais de la plus-value à mes productions agricoles à travers une transformation locale au moins primaire.

7. Si j’étais milliardaire et brillant manager comme certains, j’ambitionnerais de vendre aux gabonais des voitures à des prix accessibles au plus grand nombre. Je m’attaquerai par une saine concurrence, à ces concessionnaires français et libanais, qui vendent aux gabonais depuis 60 ans, à prix d’or, des voitures qui coûtent le prix du bronze.

8. Si j’étais milliardaire et brillant manager comme certains, je monterai avec l’aide de partenaires extérieurs, de grands et vrais projets immobiliers de 1000, 5000 ou 10 000 logements, qui permettraient à toutes les classes sociales gabonaises, d’accéder à une propriété décente à un coût raisonnable et soutenable. 

9. C’est davantage dans ces types de projets à très forte valeur ajoutée, et à très fort bénéfice social, que je m’illustrerais dans les affaires. Parce que le Gabon est une terre vierge de projets innovants. Les idées sont nombreuses mais le capital humain, le capital financier et le capital risque font défaut.

10. Aux milliardaires gabonais, excellents managers devenus influenceurs, de parfaits illettrés tiennent depuis la nuit des temps, des clubs dancing et des restaurants. Ça n’a donc rien de sorcier. Pour revendiquer le titre d’homme d’affaires, comme Dangoté et Elumelu, on ne peut avoir pour business-modèle, la vente de plats et de boissons. Ça n’impacte pas positivement la vie des individus.

Sarcastiquement vôtre !

Serge Abslow, chroniqueur

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