mardi, juillet 16, 2024
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    Gabon : quand le groupe Arise et Gsez-Airport font la loi

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    Dans un article paru dans le bimensuel Échos du Nord la dernière semaine de janvier, nos confrères soulèvent une problématique qui mérite notre attention aux lendemains du coup d’Etat ayant évincé Ali Bongo Ondimba des affaires : “l’impunité présumée du groupe Arise et Gsez-Airport”. Selon les informations recueillies par nos confrères, des indiscrétions de certains prestataires font état de pratiques douteuses au sein de Gsez-Airport au détriment de ces entrepreneurs gabonais.

    Sous le régime d’Ali Bongo Ondimba, le groupe Arise, plus connu sous l’appellation Olam, dirigé par le singapourien Gagan Gupta, semblait intouchable. La présence des membres de la famille du président au sein de l’entreprise, à l’image de Nourredin Bongo Valentin en tant que bras droit de Gagan et directeur général adjoint entre 2014 et 2017, en attestait. Depuis la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba le 30 août 2023, les Gabonais s’attendaient à ce que l’impunité disparaisse dans le pays et que chaque entreprise se comporte de manière responsable. Il n’en est rien pour le moment, selon nos confrères d’Echos du Nord.

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    Il semblerait que Gsez-Airport fixe ses tarifs à certaines entreprises en se basant sur la parité entre la roupie indienne et le fcfa. Cette pratique soulèverait des interrogations quant à l’équité et la transparence des transactions commerciales effectuées par le groupe. De plus, les confrères mentionnent que Gsez-Airport aurait mis en place un mécanisme où ses prestataires seraient contraints de reverser une partie de leur chiffre d’affaires chaque fin de mois, sans qu’ils ne soient associés ou que cela soit mentionné dans les statuts des entreprises concernées. Ce qui va à l’encontre des règles de l’éthique dans la pratique saine des affaires par les entreprises certifiées qui œuvrent dans des domaines sensibles tel que la gestion d’aéroports.

    Selon les confrères, Gsez-Airport aurait exigé de partager chaque fin du mois le chiffre d’affaires avec des prestataires avant le résultat positif en fin d’exercice de ces derniers. Un acte qui pourrait cacher une volonté de l’entreprise de fragiliser la trésorerie de ses prestataires en les condamnant à des résultats négatifs, s’interroge-t-ils. Ils rajoutent que des sources affirment que les hommes de Gagan Gupta auraient sciemment organisé un système de captation consolidé par des contrats léonins.

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    Comment des pratiques d’un autre âge peuvent-elles prospérer au sein d’une entreprise censée être certifiée et œuvrant dans des domaines aussi sensibles que la gestion d’aéroports ? De tels agissements n’avaient pas lieu lorsque l’Aéroport de Libreville (ADL), en contrat avec l’État gabonais depuis 1998 dans un partenariat qui le liait à Egis Airport Operation (groupe Egis) et l’Aéroport Marseille Provence, dans le cadre d’un des premiers PPP africains (Partenariat Public Privé), gérait ces mêmes prestataires. 

    Ces révélations posent une question fondamentale : le groupe Arise et Gsez-Airport serait-il intouchable sous le régime du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI) ? Il est plus qu’urgent que les autorités compétentes se saisissent de ces allégations et mènent une enquête approfondie afin de faire toute la lumière sur cette affaire.

    Il est donc essentiel que les autorités compétentes prennent ces allégations au sérieux et agissent en conséquence. La lutte contre l’impunité doit être une priorité, quel que soit le statut ou le pouvoir des personnes impliquées. A l’heure où le Comité pour la transition et la restauration des institutions prône pour l’émergence des entrepreneurs gabonais, cette situation pourrait entraver ce dessein noble à cause de la cupidité de certains opérateurs qui veulent tout pour eux. Nous y reviendrons.

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